Nées de fusions il y a dix ans, les deux communes éliront leur prochain Législatif à la proportionnelle, ayant franchi la barre des 3000 habitants. Une page blanche pour les formations.

Le destin similaire de Vully-les-Lacs et Valbroye est frappant. En 2011, les deux entités sont nées de la fusion de plusieurs petites communes de la Broye vaudoise. Dix ans plus tard, leurs Conseils communaux seront élus selon le système proportionnel imposé par la Constitution vaudoise aux communes de plus de 3000 habitants. Un cap que toutes les deux ont franchi durant la législature en cours. Et tant autour de Granges-près-Marnand que de Salavaux, les stratégies se mettent en place, avec au minimum une liste PLR et une autre d’entente communale. Sept sièges seront en jeu dans les Municipalités, tandis que les Conseils communaux en comptent 55 à Valbroye et 50 à Vully-les-Lacs.
«Selon les résultats des dernières élections, il s’agit de deux communes où le PLR est bien suivi. On va donc tenter de monter des listes fortes, mais c’est aussi un challenge, car si les gens votent PLR, ils ne souhaitent pas forcément s’afficher», commente Michel Aebi, président du PLR Broye-Vully. Aux cantonales 2017, le PLR avait fait particulièrement fort, réunissant 48,9% des voix à Valbroye et 58,1 à Vully-les-Lacs! Aux fédérales 2019, la force du parti était de l’ordre de, respectivement, 26 et 30% dans ces bourgs de centre droit, où l’UDC tire aussi son épingle du jeu (de 17 à 32% selon les scrutins).
Plongée dans l’inconnu
À Vully-les-Lacs, le PLR partira seul à l’assaut du Conseil communal et de la Municipalité. «Nous sommes en phase de recrutement avec pour but d’offrir une bonne représentativité des villages. C’est une première et on se lance donc dans l’inconnu et, même si la commune est un fief PLR, rien n’est évident», lâche Christophe Tombez, président de la section.
«L’objectif est d’offrir une alternative au PLR pour les gens souhaitant œuvrer au bien-être de la commune et de ses habitants.»
En face, l’Entente du Vully alignera aussi des candidats au Législatif et à l’Exécutif. «On part de zéro, puisque notre première réunion s’est déroulée le 3 novembre, mais un comité est prêt à s’investir pour le recrutement et la préparation de statuts, ce qui n’est pas évident dans la situation sanitaire actuelle. L’objectif est d’offrir une alternative au PLR pour les gens souhaitant œuvrer au bien-être de la commune et de ses habitants», détaille Christian Genilloud, initiateur d’une équipe qui a déjà établi un programme.
Que le Législatif
Du côté de Valbroye, le recrutement est aussi lancé, via une liste nommée «PLR – Centre droit», uniquement pour les 55 sièges du Législatif. «Notre objectif est de présenter une liste contenant 30 à 35 noms, ouverte aussi aux candidats défendant les idées de la droite, mais non membres du parti», souligne Pierre-André Diserens, président local. Pour la Municipalité, une liste commune semble se dessiner entre les sortants.
«Notre objectif est de présenter une liste contenant 30 à 35 noms, ouverte aussi aux candidats non membres du parti.»
L’Entente Valbroye sera aussi en lice au Conseil communal. «Elle réunira d’actuels conseillers communaux n’ayant pas envie de porter l’étiquette d’un parti et de nouveaux en cours de recrutement. Soit déjà une vingtaine de noms», présente Cyril Fivaz, ancien président du Conseil et instigateur de la démarche. L’assemblée constitutive est prévue le 30 novembre.
Ayant capté de 26 à 30% des suffrages lors des scrutins à la proportionnelle dans les deux communes, la gauche de l’échiquier politique sera-t-elle de la partie aux communales? Les Verts tentent de leur côté de former des groupes à Payerne, Avenches et Moudon. Et le PS? «Les chiffres montrent que le parti aurait sa place, mais pour cela il faut trouver des gens prêts à s’engager localement. Nous avons été freinés dans nos démarches par le Covid, et je crains que cela s’annonce compliqué jusqu’au dépôt des listes», répond le député Sébastien Pedroli, coprésident de section.