Publié le 7 décembre 2022 sur le site de ladepeche.fr
À la suite de la parution de notre article d’hier « La Chambre régionale des comptes épingle le Pays de Mirepoix », Jean-Jacques Michau, ancien président de la communauté de communes du Pays de Mirepoix (CCPM), et Alain Tomeo, son président actuel, reviennent notamment sur le sujet d’une éventuelle fusion de la CCPM avec sa voisine, la communauté de communes du Pays d’Olmes (CCPO).
Celle-ci est en effet préconisée par la Chambre régionale des comptes (CRC), qui y voit le moyen de mutualiser les moyens des deux collectivités et de donner plus d’efficacité à leurs actions, avec d’autant plus de facilité qu’elles entretiennent déjà des rapports étroits.
« C’est trop tôt, juge Jean-Jacques Michau. À l’époque de la loi NOTRe, en 2016-2017, 80 % des communes des deux collectivités étaient contre. Mais la position de la Chambre régionale des comptes, c’est de fusionner les communes dans des intercommunalités. Pour elle, plus c’est grand, mieux c’est. Mais il y a des logiques de territoire et les élus préféraient que les choses restent ainsi. »
Pour l’ancien président, l’analyse de la CRC est de surcroît injuste : « Elle dit que le territoire serait mieux équipé s’il y avait fusion, mais je ne connais pas beaucoup de communautés de communes de 10 000 habitants, avec une ville-centre de 3 000 habitants, qui ont autant d’équipements que nous : une piscine couverte, un cinéma, une médiathèque, une maison de santé… Et si notre territoire est riche en patrimoine, il est beaucoup moins riche en fiscalité. »
« Les décisions de l’Etat amputent nos recettes »
Alain Tomeo renchérit. « D’autant que la DGF (dotation globale de fonctionnement, versée par l’Etat aux collectivités, NDLR) est gelée depuis des années, qu’on a perdu la taxe d’habitation, ce qui est une honte, et qu’on a augmenté la taxe foncière que de 0,3 % l’an dernier, pour suivre l’inflation. Nos budgets sont impactés par les décisions de l’Etat, qui amputent nos recettes. »
Selon l’actuel président, la CCPM aurait de surcroît pris plus de compétences optionnelles que d’autres collectivités ariégeoises, alourdissant ainsi la facture. « Et un des éléments qui avaient fait que certaines communes n’avaient pas voulu de la fusion, ajoute-t-il, c’est qu’en harmonisant les choses entre les deux territoires, elles auraient été obligées de reprendre certaines compétences. »
Pour l’heure, les deux communautés de communes devraient donc rester séparées pendant plusieurs années encore, préférant jouer le jeu des partenariats sur les sujets qui les rapprochent, comme le tourisme ou le développement économique, que de risquer une fusion complexe qui rappellera à bien des élus les mauvais souvenirs de la loi NOTRe, qui avait déjà fusionné, souvent dans la douleur, les anciennes communautés de communes ariégeoises.