Publié le 7 octobre 2022 sur le site lanouvellerepublique.fr

Sur le territoire de Grand Châtellerault, les communes de Saint-Gervais-les-Trois-Clochers et Leigné-sur-Usseau envisagent de fusionner au 1er janvier 2024. Dans une pétition, un collectif d’habitants de Leigné-sur-Usseau réclame un référendum.
Nous l’avions évoqué une première fois le 19 juillet 2022 : dans le Châtelleraudais, les communes de Saint-Gervais-les-Trois-Clochers et Leigné-sur-Usseau – respectivement 1.327 et 465 habitants – ont engagé un projet de fusion. La commune nouvelle, qui pourrait s’appeler Saint-Gervais – Leigné, doit voir le jour le 1er janvier 2024.
A Leigné-sur-Usseau, le projet ne fait pas l’unanimité parmi la population, qui a exprimé sa colère et ses inquiétudes le 23 septembre 2022 lors d’une réunion publique conduite par le maire, Frédéric Merchadou (1) et son conseil municipal.
Le collectif « Union contre la fusion » demande un référendum
Dans le village, un collectif d’habitants « Union contre la fusion » est né. Il dénonce une « absence totale de démocratie », alors que les conseils municipaux des deux communes ont validé à l’unanimité le processus de création d’une commune nouvelle, « sans avoir pris soin d’en parler à leur population avant ».
Le collectif, qui a créé une page Facebook, fait circuler dans la commune une pétition pour réclamer un référendum local, un dispositif légal qui ne peut être déclenché que par le maire d’une commune.
Jointe ce vendredi 7 octobre, Cécilia Flusin, l’une des porte-parole du collectif, explique que la pétition, en cours de signature, sera transmise « la semaine prochaine » au sous-préfet de Châtellerault.
« Nous soussignons, habitantes et habitants de Leigné-sur-Usseau, à l’initiative du collectif « Union contre la fusion », vous sollicitons par la présente afin que vous invitiez officiellement M. Merchadou Frédéric, maire de Leigné-sur-Usseau à créer un référendum local afin que tous les votants et votantes puissent se prononcer sur le projet de fusion entre le village de Leigné-sur-Usseau et celui de Saint-Gervais-les-Trois-Clochers », peut-on lire dans ce long texte.
« Déjà plus de 200 signatures »
Cécilia Flusin affirme que le collectif a déjà recueilli « plus de 200 signatures« , soit « plus de la moitié des votants » de la commune. « On a prévu de faire du porte à porte encore ce week-end. Jusqu’à présent, on a essuyé très peu de refus, de l’ordre de 5 % des gens sollicités. Notre message n’est pas de s’opposer coûte que coûte mais de réclamer un vote des citoyens. »
La pétition (légèrement réécrite) circule aussi dans les villages voisins de Mondion, Vellèches et Usseau, qui forment avec Leigné-sur-Usseau le regroupement scolaire LMVU (comme la première lettre de chacun des quatre villages). Regroupement scolaire dont l’organisation sera entièrement à revoir – à la rentrée 2023 ou 2024 a priori – en cas de fusion de Leigné avec Saint-Gervais (les enfants de Leigné seraient de facto rattachés à l’école de Saint-Gervais).
(1) Nous n’avons pas pu le joindre ce vendredi 7 octobre.
« Le collectif ne s’adresse pas au bon destinataire »
Joint, Christophe Pécate, sous-préfet de Châtellerault, s’exprime : « Si le collectif nous interpelle, nous lui ferons une réponse formelle mais je veux lui dire qu’il ne s’adresse pas au bon destinataire. Ce projet de commune nouvelle est une décision des conseils municipaux (de Saint-Gervais et Leigné-sur-Usseau), en aucun cas de l’Etat. Ça leur appartient. S’ils le souhaitent, les élus peuvent faire une consultation, une concertation, des réunions publiques… Lorsqu’une commune me demande s’il faut passer par un référendum pour créer une commune nouvelle, je réponds que non. Je ne dis pas qu’il ne faut pas en faire, je dis que ça n’est pas une obligation légale. Senillé et Saint-Sauveur, pour citer un exemple local, n’ont pas fait de consultation. Je répète, les seuls maîtres du jeu dans un cas pareil, ce sont les conseillers municipaux, en qualité de correspondants de leurs citoyens. L’Etat n’a pas à intervenir. »