Douze ans après un premier échec, la fusion des huit communes de Terre Sainte est de nouveau discutée. Une étude de faisabilité pourrait être menée.
C’est un défi de taille qui refait surface. Douze ans après le dernier échec, les municipaux des huit communes de Terre Sainte étaient conviés ce lundi soir à Coppet pour une première discussion sur une potentielle fusion des communes.
Organisatrice de cette séance, l’Assemblée des syndics de Terre Sainte veut sonder les exécutifs, en vue de mener une étude de faisabilité afin d’évaluer les pour et les contre d’un tel mariage.
Si les villages sont amenés à ne faire qu’un, la future commune de Terre Sainte deviendrait ainsi la deuxième plus importante du district, avec plus de 17’000 habitants et un territoire de plus de 25 km2.


La fusion des huit communes les plus à l’ouest du canton est en passe d’obtenir une deuxième chance. Douze ans après l’échec de la première tentative, les syndics et leurs municipalités de Terre-Sainte sont proches de relancer la machine, comme l’a révélé «La Côte». Une séance a réuni les élus en début de semaine en présence de Monsieur fusion du Canton et du syndic de la nouvelle commune fusionnée de Blonay-Saint-Légier. L’objectif était de s’informer sur la démarche à suivre et sur le potentiel d’un tel rapprochement.
Le projet n’est pas encore relancé, mais tout s’aligne dans cette direction. Les municipalités doivent désormais prendre position sur le principe d’une étude de faisabilité. «Je ne vois pas de raison objective qui pourrait l’empêcher, note Pierre-Alain Schmidt, syndic de Mies. L’assemblée des syndics de Terre-Sainte est favorable à l’idée d’étudier la fusion.»
Plusieurs éléments poussent les autorités à rouvrir le dossier fusion. L’une est financière. Si ces villages possèdent d’excellents contribuables, ils souffrent aussi de la péréquation qui met sous pression leurs finances. «Il n’y a rien de pire dans ce système que d’être bien loti et petit, résume Pierre-Alain Schmidt. Assurément, en nous mariant, nous bénéficierons d’un calcul qui nous serait bien plus favorable.»
«Il existe une vraie identité dans la région. Les jeunes se sentent de Terre-Sainte et non plus de Mies ou de Commugny.»
Les finances ne sont pas la seule motivation. «Il existe une vraie identité terre-saintoise, surtout chez les jeunes. Ceux-ci ne se sentent pas seulement de Mies ou de Commugny mais aussi de Terre-Sainte», insiste encore Pierre-Alain Schmidt. Le théâtre, le grand collège à Coppet, la paroisse et même le club de football portent déjà tous le nom de Terre-Sainte.
Les autorités collaborent très bien entre elles pour ce qui concerne les pompiers, la station d’épuration, les écoles, l’accueil de la petite enfance ou encore la culture. «L’intercommunalité fonctionne parfaitement entre nous», souligne Lucie Kunz-Harris, syndique de Founex. Mais ces associations compliquent le travail des élus. «En cas de fusion, l’autonomie communale serait renforcée, note le syndic de Mies. Aujourd’hui, les compétences des petites communes disparaissent au profit du Canton et des associations intercommunales dont le fonctionnement est très lourd.»
Processus rapide
Le mariage des huit communes n’est pas encore d’actualité. Si l’étude de faisabilité est positive, il faudra commencer à imaginer les contours de la future commune dans une convention de fusion qui décrira comment sera organisée l’administration et quel sera le taux d’impôt, entre autres. Ce texte sera ensuite soumis aux différents Conseils communaux et à la population. Si aucun calendrier n’est fixé, l’éventualité que le projet aboutisse avant la fin de la législature en 2026 est réaliste.