Après celui de Sion, un comité du «non à la fusion» donne de la voix à Veysonnaz

Publié le 31 mars 2023 sur le site lenouvelliste.ch par Noémie Fournier

Comme à Sion, un collectif citoyen opposé à la fusion s’est formé à Veysonnaz. Les deux communes devront décider d’unir ou non leur destin le 18 juin prochain.

Le collectif « Ensemble pour Veysonnaz » s’oppose à la fusion avec la capitale. De gauche à droite, Evelyne Fournier-Fragnière, Gilles Théoduloz, Julie Métrailler, Jean-Daniel Fournier, Elisa Gillioz et Loïc Le Deunff.  (Photo Sacha Bittel)

Il emboîte le pas de son homologue sédunois. Au lendemain de la conférence de presse du comité «Non au Grand Sion», le collectif «Ensemble pour Veysonnaz» fait lui aussi entendre sa voix.

Une voix d’opposition, unanime, au projet de mariage avec la capitale porté par les autorités des deux communes concernées. Un projet de fusion que le collectif citoyen décrit, dans un communiqué envoyé ce vendredi à la presse, comme «avant tout marketing, évinçant les problématiques centrales de la vie des populations de montagne.»

«Manque d’indépendance» dans la méthodologie

En tête de l’argumentaire, une méthodologie qualifiée d’orientée par le comité citoyen. «En 2019, le bureau Compass Management mandaté par l’Etat du Valais lui transmettait un rapport qui prônait des fusions entre les communes et déconseillait totalement les fusions plaine-montagne», explique Julie Métrailler, membre d’«Ensemble pour Veysonnaz».

Compass réalisera ensuite la vision stratégique de Sion capitale suisse des Alpes, avant de signer les études de faisabilité de la fusion Sion-Veysonnaz. «Il y a un conflit d’intérêts manifeste des experts, estime le collectif. Les contradictions dans leurs rapports rendent caduques leurs conclusions.»

Il y a un conflit d’intérêts manifeste des experts.
Julie Métrailler, membre du collectif «Ensemble pour Veysonnaz»

La «faible cohérence territoriale ou l’absence de lien social entre Veysonnaz et la Ville» cités par le comité s’ajoutent à des points spécifiques mis au jour dans l’étude de fusion, notamment la scolarisation des élèves de Veysonnaz au CO de Sion. «Cela va à l’encontre du confort des enfants du village et ce paramètre n’était pas connu au moment du vote consultatif de novembre 2020, alors qu’il était capital et à maintes reprises demandé pour pouvoir voter en toute connaissance de cause», souligne Loïc Le Deunff, autre membre du collectif.

Le taux de résidences secondaires de la commune fusionnée, de 9.3%, fait quant à lui craindre aux opposants à la fusion «une flambée des prix qui rendrait impossible l’acquisition de biens immobiliers aux jeunes de la commune.»

Ne pas enterrer une union avec Nendaz

Aux arguments s’ajoutent un regret. Celui d’avoir définitivement écarté la variante d’une union avec Nendaz au lendemain du fameux vote consultatif où la population barloukette avait privilégié la variante d’une fusion avec la capitale à 55%. «Le scrutin était extrêmement partagé avec seulement 17 voix d’écart, marque Julie Métrailler. Les autorités communales de Nendaz ont communiqué à plusieurs reprises qu’une fusion avec Veysonnaz ferait du sens de leur point de vue et ils n’ont pas changé d’avis à ce propos.»

La fusion impactera ce tissu social historique entre Nendaz et Veysonnaz.
Loïc Le Deunff, membre du collectif «Ensemble pour Veysonnaz»

Pour le collectif, les populations de Veysonnaz et de Nendaz partagent une forte communauté de vie depuis des décennies. «La fusion impactera ce tissu social», résume Loïc Le Deunff.

La votation populaire est agendée au 18 juin prochain.