Publié le 30 mars sur le site lenouvelliste.ch par Dimitri Mathey
Créé depuis une dizaine de jours, le mouvement Non au grand Sion s’oppose à la fusion avec Veysonnaz. Plus globalement, il rejette le développement de la capitale par la montagne.

A peine quelques foulées les séparent. Cent mètres tout au plus. Mais les visions, elles, restent profondément éloignées. Partisans et détracteurs de la fusion avec Veysonnaz colonisent ce 30 mars pour lancer leur campagne respective. A 10 h 30 pour les autorités, à 11 heures pour les opposants.
Ils décalent finalement d’une demi-heure leur rendez-vous pour s’assurer de la présence des médias. Et s’adjuger une tribune à la mesure des enjeux. Qui dépassent, selon le mouvement contestataire, la votation du 18 juin prochain sur un mariage avec Veysonnaz. «Nous ne voulons pas d’une urbanisation généralisée de la montagne et d’une mainmise de la ville sur les villages d’altitude», s’offusque Raymond Pernet, membre de Non au grand Sion.
Nous ne voulons pas d’une urbanisation généralisée de la montagne et d’une mainmise de la ville sur les villages d’altitude.
Une position martelée tout au long de la conférence de presse. La fusion avec Veysonnaz, disent-ils, n’est qu’une étape. Un premier jalon à la stratégie «arrogante» de «capitale suisse des Alpes» prônée par la ville.
Pas dans la logique du bâti
Selon le mouvement citoyen, pour l’heure essentiellement composé d’élus ou d’anciens politiciens du Centre et de l’UDC, la thématique des fusions souffre de «l’absence de débat public». Martin Reist, membre du collectif et conseiller général sédunois, estime que la capitale délaisse des enjeux importants pour les citoyens. «Il manque un travail de fond lié à la dimension culturelle et sociale de ce projet», regrette-t-il.
Pour Patrick Siggen, opposant et chef de groupe du Centre au législatif sédunois, le mariage avec Veysonnaz est contre-nature. «Dans une fusion, il y a l’idée de continuité du bâti. Avec Nendaz, cette logique est respectée, mais pas avec Sion», relève l’élu.
Dans une fusion, il y a l’idée de continuité du bâti. Avec Nendaz, cette logique est respectée, mais pas avec Sion.
Au passage, en matière de construction, il assure qu’un tel rapprochement pourrait accoucher d’une explosion du développement urbanistique du village. En effet, la nouvelle entité afficherait un taux d’environ 9% de résidences secondaires. «C’est une impulsion à bâtir à l’heure où le village dispose de 50 000 mètres carrés de surfaces constructibles.»
L’exemple bacouni
Si le comité «sort aujourd’hui du bois», c’est pour anticiper le vote consultatif du législatif sédunois mardi prochain. C’est aussi pour donner un écho à la décision «très nette» des citoyens de Vex. Pour rappel, en novembre dernier, 76% des Bacounis ont boudé l’idée d’une fusion avec la capitale. Ils favorisent en effet un mariage hypothétique à l’échelle de la vallée.
A noter encore qu’un mouvement d’opposition s’est également formé à Veysonnaz. Un collectif citoyen, principalement emmené par des jeunes, se mobilise et interpelle les autorités pour renoncer aux fiançailles avec Sion, préférant sa voisine nendette.