Publié le 3 avril 2023 sur le site lenouvelliste.ch par Dimitri Mathey
Mardi soir, le législatif de la capitale votera sur le mariage avec Veysonnaz. Si sa voix n’est que consultative, le scrutin a une portée hautement symbolique. Et démocratique.
Le dossier est brûlant. Successivement, partisans et opposants s’en sont emparés ces dernières semaines. Au risque, parfois, de se brûler les doigts. La fusion entre Sion et Veysonnaz, soumise au peuple le 18 juin prochain, attise les émotions et avive des tensions. C’est d’ailleurs un Conseil général divisé qui va débattre du sujet mardi soir.
Même si, rationnellement, la fusion ne bouleverse en rien le destin de la capitale. En effet, d’un point de vue sédunois, un mariage ne présente «ni avantages ni risques flagrants», résume la commission de l’environnement et de l’urbanisme du législatif.
Une contestation rare
Reste que le sujet s’est hissé au rang des priorités. Et ce, parce que le débat dépasse largement la question d’une union avec Veysonnaz. C’est d’abord la vision, et non l’absorption de ce territoire de 1,1 kilomètre carré, qui est contestée. Le développement de la ville passe-t-il aussi par la montagne? Pour la municipalité, qui nourrit l’intention de devenir la «capitale suisse des Alpes», c’est une certitude.
Mais au fil des semaines, à mesure que l’échéance populaire se rapproche, des voix contestataires gagnent de l’écho. Jusque dans les rangs du Conseil général. A l’heure où les élus se prononcent pour la première fois sur le sujet. Si, d’ordinaire, le législatif sédunois n’oppose aucune résistance ou presque à la municipalité, mardi soir, il devrait en partie défier son exécutif. Ou, du moins, matérialiser un courant contraire.
Scrutin à bulletins secrets
Si le vote des conseillers généraux n’a qu’une valeur consultative, il reste toutefois crucial. Un refus pèserait dans la campagne et signerait un désaveu du Conseil communal. La crédibilité de ce scénario reste, pour l’heure, difficile à évaluer.
Le PLR (15 sièges sur 60) mobilisera ses rangs en faveur d’une fusion. L’UDC et ses six élus devraient, à une exception près, s’aligner sur cette position. Quant au Centre (19 représentants), il refusera massivement le projet de fiançailles.
A gauche, en revanche, les avis ne sont pas tranchés. Verts (12) et socialistes (8) pourraient diviser leur voix en optant pour la liberté de vote. Ce seront donc eux, les arbitres du scrutin.
Ces tendances pourraient toutefois être mises à mal par l’anonymat de l’isoloir. Les élus se prononcent en effet à bulletins secrets. L’occasion, peut-être, de s’autoriser un écart de la ligne dictée par leur formation.
Disputé en commission
Les trois commissions du législatif – sociale et culturelle (CSC), environnement et urbanisme (CEU) et gestion (Cogest) – ont analysé le dossier. La CSC s’est opposée au projet par 6 voix contre 5 alors que la CEU et la Cogest se sont positionnées en faveur de la fusion respectivement par 6 pour, 4 non, 1 abstention et 6 pour, 4 non, 4 abstentions.
Des résultats qui traduisent la tension qui entourent le dossier. Selon la CSC, le projet s’inscrit dans un «flou général» et reste lacunaire sur les dimensions socioculturelles. En l’état, estime une majorité de commissaires, «c’est un plan marketing et pas un débat sociétal».
La Cogest, elle, nuance les griefs. Et relègue le débat de capitale suisse des Alpes au second plan. «Un oui à cette fusion n’est pas un oui à toutes les fusions», écrit-elle.
Le cadre est posé. Reste à savoir si ces turbulences se cantonnent aux fiançailles ou menacent le mariage. Premiers indices mardi soir.
