La commune est l’échelon de proximité par excellence entre élus et citoyen(ne)s et il est nécessaire de maintenir un fort niveau d’engagement citoyen par le biais de l’Assemblée Communale/primaire.
La liberté, il faut la poser comme la participation à la définition collective des contraintes sociales qui affectent les individus, généralement sous forme de lois. Mais la liberté démocratique ce n’est pas juste une liste de droits nécessaires à l’exercice des droits politiques, l’important réside tout autant dans l’organe mis en place pour en décider et en établir les limites. Dans une démocratie, cet organe ne peut être que l’Assemblée des citoyen(ne)s, c’est-à-dire le peuple tout entier.
Les fusions de communes, qui entraînent déjà de manière claire et mathématique une dilution du pouvoir du citoyen par une concentration de sa représentation dans un nombre moins élevé d’élus, ne prévoient en rien une compensation de cette perte pour la population. Au contraire, cet organe – l’Assemblée Communale ou primaire en Valais ou encore Conseil Général dans le canton de Vaud -, qui est le principal lieu où s’exerce encore la démocratie directe, car accessible à tous sans condition, est parallèlement retiré et remplacé par un parlement d’élus (qui ne représentent qu’eux-mêmes ou le parti dont ils font partie) sous prétexte de l’extension qu’on veut imposer. Ainsi, on argumente que l’Assemblée Communale n’est plus possible au-delà d’un certain nombre-seuil de citoyen(ne)s dans la commune et l’on fait d’une pierre, deux coups. Le niveau local de la démocratie directe, le principal, le plus important où le citoyen s’exprime vraiment, disparaît dans le sillage de la fusion, sans que personne ne trouve à y redire. Ou si peu.
