Bellême (F): rendez-vous le 18 juin pour donner votre avis sur la fusion avec Saint-Martin

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Publié le 6 juin 2023 sur le site actu.fr par Mathilde Simoën

Voulez-vous oui ou non fusionner avec Saint-Martin-du-Vieux-Bellême (Orne) ? Les habitants de Bellême sont invités à donner leur avis sur le projet le 18 juin 2023.

Rémy Tessier, maire de Bellême et Serge Cailly, maire de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême invitent les habitants à aller voter le 18 juin.
Rémy Tessier, maire de Bellême et Serge Cailly, maire de Saint-Martin, invitent les habitants à aller voter le 18 juin.
©Le Perche

« Nous pensions que consulter la population concernant le projet de fusion avec Saint-Martin était important », souligne Rémy Tessier, maire de Bellême (Orne), vendredi 2 juin 2023 lors de la réunion d’information.

« Tout d’abord, c’est un projet logique, car nos communes sont imbriquées l’une dans l’autre, nous avons la même aire de vie, nous faisons partie des mêmes syndicats et nous utilisons les mêmes services », indique Rémy Tessier.

Et cette fusion répond aux orientations de l’État qui préconise le rapprochement des communes.

Les familles ne s’implantent pas

« L’évolution démographique est notre talon d’Achille, la population diminue et vieillit, cela a des conséquences sur nos écoles », développe Maurice Lony, adjoint au maire. « Il faut amener des familles et des enfants dans nos communes, mais dans le périmètre actuel cela n’est pas envisageable ».

Le problème est que l’offre immobilière est insuffisante et inadaptée aux primo-accédants.

« Nous avons un bâti ancien, cher à l’achat pour lequel il faut investir pour le rénover », ajoute Maurice Lony. « L’offre ne répond pas aux attentes des jeunes couples ». Et il n’y a plus de surfaces à bâtir à Bellême.

L’enjeu est d’inverser la courbe démographique, mais pour y arriver il faut mener une politique immobilière ambitieuse qui est possible en fusionnant avec Saint-Martin qui a du foncier.

Maurice Lony

Des besoins en services

Le troisième constat déterminé par le diagnostic est qu’il y a des besoins en services qui ne sont pas satisfaits notamment en ce qui concerne les aides maternelles et les jeunes, seulement il n’y a pas les locaux pour y répondre.

La crèche est toujours complète, et si nous voulons créer une maison d’assistantes maternelles correcte avec jardin, ce n’est possible que dans une commune comme Saint-Martin.

Jacques Debraye, adjoint au maire

Les dotations baissent

L’avenir financier des communes est également incertain : « les dotations diminuent et ce sont les communes nouvelles et les labels qui sont prioritaires ».

Concernant la fiscalité, l’écart de taux entre les deux communes serait lissé sur douze ans.

Jusqu’en 2026, les deux conseils siègeraient et un maire serait élu parmi les élus. En 2026, une liste unique représenterait 23 conseillers et six adjoints.

« Dans trois à quatre ans, Saint-Martin aura des problèmes à faire quoi que ce soit et si la commune restait seule, la fiscalité augmenterait énormément », évoque Serge Cailly, maire de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême.

Aujourd’hui, 106 logements peuvent être construits dans le village.

Concernant l’habitat : « nous avons un projet de logements inclusifs pour des personnes plus âgées et il nous reste une quarantaine de parcelles pour des jeunes actifs ».

« Nous sommes à la convergence de deux intérêts, avec une commune avec foncier, mais qui n’a pas la possibilité de financer des projets et une commune qui n’a pas de foncier, donc demain, si vous votez, nous pourrons mener une politique sociale ambitieuse », termine Maurice Lony.

Le vote se tiendra dimanche 18 juin de 9 h à 18 h à la salle du conseil de la Mairie de Bellême et à la mairie de Saint-Martin.
Le commentaire de fusionite.ch

Tout d’abord il faut souligner le respect pour leur population des deux maires qui ne veulent pas s’engager dans un processus de fusion sans consulter les citoyens. C’est suffisamment rare en France pour être relevé. Constatant l’imbrication des deux communes et l’aire de vie partagée, le rapprochement suggéré part d’un sentiment humain honorable. On peut cependant reprocher aux deux élus les arguments purement économiques qu’ils avancent pour justifier la perte d’autonomie politique que cela pourrait représenter pour chaque commune (s’inscrivant ainsi passivement dans le vaste mouvement de redécoupage territorial engagé au sommet de l’Etat).

      • Plutôt que se plaindre du vieillissement de la population, qu’est-ce qui pourrait attirer de nouvelles familles ?
      • L’offre immobilière insuffisante et inadaptée aux primo-accédants est-elle vraiment jugulée par la tentation urbanisatrice ?
      • Les besoins en services sont-ils adaptés à un mode de vie rural ?
      • Quand prendra-t-on conscience d’une modification nécessaire des priorités pour les dotations de l’Etat si l’on veut engager une décentralisation territoriale ?
      • Et toujours la glue d’une « nouvelle » fiscalité, attractive pour convaincre… mais qui n’arrive jamais.
      • « Demain on rase gratis ! » tel est le slogan qui doit tout emporter.