Comme les hirondelles au printemps…

Comme les hirondelles au printemps, l’automne voit le retour des projets de fusions de communes dans les médias et sur les lèvres des élus en mal de messages significatifs à distiller à leur population. Si certains, dont nous avons parlé, ont pris de l’avance en mêlant fusions et Fête nationale pour stimuler leur inspiration, d’autres ont simplement repris le calendrier des affaires en cours pour les rappeler à notre bon souvenir.

Ainsi, si il est maintenant connu, au moins de nos lecteurs, que les festivités vont débuter avec le vote sur le crédit copétan d’étude de fusion de Terre Sainte le 3 septembre 2023, il est certain que les épisodes qui vont s’enchaîner à sa suite lui devront une part de leur intérêt respectif.

Entre autres:

3 septembre 2023 Vote sur le crédit d’étude de fusion de Terre Sainte
14 septembre 2023 Les Conseils généraux de Boudry, Cortaillod et Milvignes se positionnent sur la fusion
26 novembre 2023 Vote des citoyens de Boudry, Cortaillod et Milvignes sur la fusion de Basse-Areuse
26 novembre 2023 Vote des citoyens des communes d’Enges, Hauterive, La Tène et Saint-Blaise sur la fusion de Laténa
26 novembre 2023 Vote des citoyens des communes de Baltschieder, Eggerberg et Viège sur la fusion de leurs communes
3 mars 2024 Vote des citoyens sur la fusion Grolley et Ponthaux
3 mars 2024 Vote des citoyens sur la fusion Ursy, Montet

Les médias reprennent leur mission de relais auprès de la population et, par petites touches, à l’heure de l’apéro, s’en vont prendre la température auprès de citoyens encore peu concernés.

Ainsi, Arcinfo qui titrait hier  « Tant que l’on garde la fête villageoise »

A l’heure de la fête du village, le journal est allé sonder les Colombinois(es) à l’heure de l’apéro. Le « sujet » est encore lointain puisqu’on ne votera que le 26 novembre et la communication semble un peu à la peine depuis l’annonce du choix du nom de l’éventuelle future commune.

En effet, les réponses données par les roilles-bots interrogés sont à l’avenant des communiqués de presse diffusés par le COPIL: le 3 février 2023, le COPIL lançait un concours pour trouver un nom à la nouvelle commune et le choix s’est porté sur le nom de Basse-Areuse. Mais plutôt que de laisser la population valider le nom entre plusieurs des propositions, ce sont les 18 membres du COPIL qui ont choisi « souverainement ».

Parmi les interviewés, ceux qui approuvent la fusion le sont majoritairement pour des raisons économiques, le porte-monnaie parle. Mais au final, les éléments d’identité, de pouvoir de décision dans la proximité, surgiront plus tard.

Entre Boudry et Milvignes, quelle est la sensibilité commune ? On fait passer l’économie en premier, mais les ouvriers de Boudry y verront-ils une amélioration de leur qualité de vie ? Et Cortaillod ?

Pour évacuer l’épineux problème de la perte de proximité avec les élus, les réponses des promoteurs sont plutôt évasives et alambiquées: on parle de décharger les membres de l’exécutif des tâches opérationnelles pour « qu’ils puissent se consacrer à l’écoute de la population et aux tâches pour lesquelles ils ont été élus ». Une fusion devrait « permettre de mettre en place une gestion plus participative ». Est-ce l’exemple donné par la mise en place de cette fusion qui sert de référence ? Où est la gestion participative de ce projet ? Mettre en place des Assemblées citoyennes, alors qu’il y a belle lurette qu’on les a supprimées au profit de Conseils généraux d’où la population, dans sa grande majorité, est exclue ? Et les outils numériques dont on vante le possible développement, alors que ceux mis en place pour promouvoir la fusion brillent par leur indigence?

Alors que, pour aller de l’avant, certains avancent que la fusion de Milvignes n’a pas changé grand chose, il serait peut-être judicieux de jeter un regard sur ce qui a été perdu dans cet échange à somme nulle.

Pour l’heure, beaucoup s’accrochent aux sociétés locales qui leur paraissent plus proches de leurs préoccupations, mais jusqu’à quand la commune nouvelle aura-t-elle les moyens d’accorder son soutien à trois sociétés de chant, à trois fanfares ou encore à plusieurs sociétés de gym ?

Quant aux bureaux administratifs dans chaque village, inutile d’attendre, ce sera la première chose supprimée quand il faudra resserrer le budget, une fois consommée l’incitation financière cantonale. Cela se vérifie quasiment partout.

Quant au coefficient fiscal, tant qu’on garde la Fête villageoise ?