La professionnalisation voulue du personnel politique transpose toujours plus la logique économique (producteur / consommateur) au niveau politique : les électeurs deviennent des consommateurs de politique, les hommes politiques des producteurs de politique.
Cela a pour conséquence, comme en économie, d’amener une adaptation du producteur politique à la demande politique. En d’autres termes, le personnel politique a tendance à privilégier la prise de décisions propres à satisfaire son électorat, lui-même de plus en plus soumis à de nombreuses pressions ou manipulations. L’homme politique a « ses » électeurs… Cette idée que l’électorat puisse être un objet de possession est-elle tolérable en démocratie ? On constate que de plus en plus les électeurs sont captifs des avantages promis et des avantages acquis.
Mais tout ne peut être considéré à travers le prisme de l’économie. Certaines prestations, certains avantages offerts par nos cantons, nos communes ne peuvent être évalués à l’aulne d’une gestion d’entreprise.
Autre aspect de cette prééminence de l’économique sur le débat politique dans la question des fusions, c’est le fait que celles-ci visent avant tout des économies de gestion qui, soit dit en passant, dans la foulée entraîneront une restructuration et éventuellement le licenciement d’une partie du personnel: si cinq communes fusionnent; quatre administrations disparaissent pour n’en faire qu’une, et avec elles des places de travail. La Nouvelle Gestion Publique considère la commune comme une entreprise et les aspects humains de la communauté locale, relationnels et politiques (de société et de destinée) passent à l’arrière-plan, voire sont oubliés.