Quand on nous dit « Ensemble nous serons plus forts! », comment va s’exprimer cette supériorité ? Est-ce par la population, plus nombreuse ? Si trois communes distinctes comptant chacune 200 habitants fusionnent pour n’en faire plus qu’une, elles n’en compteront pas plus de 600 au total à la fin de l’opération… Est-ce que le futur syndic représentant ces 600 citoyen(ne)s, ou son délégué, aura plus d’influence que les trois qui les représentaient auparavant. Pour notre part, nous pensons que trois personnes défendant une cause de manière unanime et solidaire ont plus de poids qu’une seule dont l’avis peut être retourné plus aisément. Expérience faite…
Et si, nous direz-vous, elles ne se montrent pas solidaires, parce qu’ayant des avis différents, et risquent par-là de faire échouer des projets ?
En cela nous voyons, nous, une meilleure expression de la démocratie, dans le sens où chacun peut exprimer son point de vue, ses réticences ou, au contraire, sa volonté d’aller dans une direction. La démocratie est servie ainsi de manière plus fine, plus idéale, et c’est bien ainsi. On peut évidemment penser, que l’essence de la démocratie c’est d’imposer des vues à la majorité par une seule voix d’écart. Nous ne partageons pas ce point de vue.
Mais rien ne clarifie mieux le débat que la réalité et n’en déplaise aux tenants des fusions, les communes fusionnées, dans leur majorité, ne ressentent pas avoir acquis plus de poids vis-à-vis du canton.
Car, encore une fois les raisons de vouloir « être ensemble plus forts » peuvent être multiples et pas toujours honorables. Ce peut être le simple réflexe de se mettre à l’abri derrière le plus fort ou la volonté d’imposer, non pas la meilleure solution, mais la sienne, au risque de brimer des minorités. Cette volonté pose aussi la question de savoir si elle va aussi servir les intérêts des communes périphériques, ce qui n’est pas garanti. Et le prix à payer pour les communes avalées par le pôle sera lourd : elles seront réduites à l’état de hameaux dépendants.
« Ensemble, plus forts ». Pas par la fusion. Par d’autres moyens peut-être, car si cet argument de puissance est facilement contredit par notre argumentation, il faut finalement encore relever le fait, et c’est très important, que les communes disposent déjà d’un outil leur donnant, à tous les niveaux, le poids nécessaire dont elles ont besoin pour se faire respecter, quelle que soit leur taille: cet outil c’est l’Association régionale, cantonale ou suisse des communes dont c’est le but statutaire.