Fusion avec Monthey: le projet suscite de nombreux doutes à Collombey-Muraz

Publié dans Le Nouvelliste le 21 septembre 2021 par Isabelle Gay

Ambiance électrique lors de la première soirée d’échanges et d’informations du projet de fusion. Plusieurs citoyens de Collombey-Muraz ont partagé des remarques négatives.

«Le Conseil communal va-t-il prendre position officiellement? J’ai l’impression que vous n’êtes pas unanimes sur ce projet, ai-je tort?» La question, arrivée au cours des débats, a jeté un froid dans une soirée de présentation déjà marquée par plusieurs remarques négatives. «Nous ne pouvons pas vous dire que le Conseil est unanime, ce serait un mensonge», a avoué lundi soir le président de la commune, Olivier Turin, face au public.

Les enjeux en cas de oui

Commencée à 19 heures, la soirée devait permettre à une centaine de citoyens de Collombey-Muraz, pré-inscrits et munis de leur certificat Covid, de bénéficier d’une «information concrète et détaillée du projet de fusion et d’en comprendre les raisons».

La municipalité, représentée lundi soir par son président et son vice-président, a rappelé le processus de fusion, débuté en 2018, et a brossé un rapide portrait des deux communes. «En cas de oui, nous deviendrons la 2e ville du canton et représenterons 8% de la population valaisanne et 15% des emplois occupés dans notre canton», a expliqué Olivier Turin.

Les effets d’un tel mariage sur les différents services communaux, répartis entre les deux communes, ont ensuite été présentés, chiffres et emplacement géographiques à l’appui. «L’ensemble des collaborateurs, soit 89 à Collombey-Muraz et 453 à Monthey, sera repris», a affirmé Alexis Turin.

Près d’une centaine de citoyens de Collombey-Muraz avaient fait le déplacement lundi soir. © Le Nouvelliste

La configuration politique de la future commune fusionnée, soit 9 membres au Conseil municipal et 60 membres au Conseil général, a été également dévoilée, de même que les nouvelles armoiries, savant mélange des colombes de la commune et du chêne montheysan. «Nous avons souhaité que cet emblème soit facilement identifiable.»

Le nom de la future commune

Au chapitre des finances, Olivier Turin a annoncé qu’une «baisse d’impôts, avec un coefficient fixé à 1,2 sera possible, en cas de fusion». Enfin, dernier point sensible, le nom de la future commune a été également donné. «Je ne vais pas tourner autour du pot. Le nom sera Monthey», a déclaré le président de Collombey-Muraz dans un silence absolu. «Monthey correspond au chef-lieu, à celui du district et c’est aussi le nom qui est sorti en tête des sondages, y compris ici», a-t-il argumenté.

Ce n’est pas parce qu’on sera 25 000 habitants en cas de fusion qu’on fera mieux. Un habitant de Collombey-Muraz

Puis ce fut le tour des questions. Directes, tranchées et parfois insistantes. «Avec un Conseil à neuf, Monthey risque d’avoir sept membres autour de la table, au vu du nombre de ses habitants. Quelle sera la représentativité de Collombey-Muraz dans ce cas?» s’est inquiété un citoyen. «Comment pouvez-vous promettre une baisse d’impôts avec toutes les inconnues liées à la pandémie?» s’est étonnée une autre. «Monthey a connu des problèmes avec sa caisse de retraite. En avez-vous tenu compte dans votre analyse?» a ajouté un autre.

«Les collaborations peuvent suffire»

«Finalement, quand on vous entend, rien ne changera. Sauf le nom de la commune!» s’est encore exclamé un ancien municipal, présent dans la salle. «Et je ne comprends pas ce besoin de fusion. Tout fonctionne très bien aujourd’hui. Nous avons déjà de belles collaborations. Pourquoi ne pas nous en contenter?. Ce n’est pas parce qu’on sera 25 000 habitants en cas de fusion, qu’on fera mieux», a-t-il ajouté, sous quelques applaudissements.

En face, le président et le vice-président ont essayé de rassurer et de répondre aux différents doutes des citoyens. Mais le chemin de la communication restera long d’ici à la votation fixée au 15 mai 2022. Une seconde soirée est prévue ce mardi à Collombey-Muraz, puis ce sera au tour de Monthey d’accueillir sa population la semaine prochaine.