Le livre – La litanie des poncifs (8)

Maîtriser notre avenir

« L’objectif de cette future Commune est de mieux répondre aux défis actuels et futurs qui nous sont imposés. »

Prétendre que les petites communes appartiennent au passé, qu’elles ne peuvent faire face aux défis de l’avenir semble la solution la plus simple pour les supprimer.

Quant à la « croissance » de demain ? Et si elle venait d’un monde où la ruralité serait redevenue un atout ? les pommes de terre et le blé ne poussent pas dans les mégapoles, du moins pas pour l’instant…

Quelle évolution démographique est-elle attendue, selon quels paramètres économiques ? Quelle mobilité voulons-nous et sera-t-elle encore possible à terme ? Quelle type d’économie souhaitons-nous favoriser localement ? Industrie, artisanat, services ou encore agriculture ?

Etre prêts à maîtriser notre avenir ? Est-ce un combat ? Mais quelles sont ces forces qui nous menacent ? La cohabitation avec les communes voisines ? Les cantons ? Comment ont-elles été identifiées et où est le danger ?

Parlons-en de l’avenir. Parlons du présent pour imaginer l’avenir. Quel est-il ? Fait avant tout d’incertitudes et de volatilité, il n’est en tous cas pas gage de grande lisibilité. Comment dès lors l’anticiper, cet avenir ? Comment s’y diriger avec la plus grande résilience possible ?

Puisque nous parlons d’avenir: dans le tourbillon de nos préoccupations immédiates, une question n’est même pas effleurée, mais pourrait tout bouleverser: à quoi ressemblera le monde de l’après pétrole? La réponse à cette question est aujourd’hui, à coup sûr, l’hilarité. Et pourtant…

Sommes-nous certains que ce monde pourra se décliner à l’identique demain aussi? Sommes-nous certains que c’est un monde urbain et pendulaire qui sera demain la meilleure réponse aux défis qui nous attendent? Car c’est bien cela qui est l’objectif global, quand on parle de faire de la future commune un « pôle de développement » régional. Il n’est qu’à voir la transformation de Bulle ou des communes de l’agglomération fribourgeoises. C’est un choix, mais sera-ce le bon? Ou un cul de sac?

Garantir une postérité à nos enfants

S’il est difficile de parler d’avenir, il est peut-être encore plus difficile de savoir ce qu’en feront nos enfants. Ce qui est certain, c’est que leur postérité, c’est eux qui la feront. Par contre, ce qui est de notre responsabilité, c’est de leur laisser un environnement non dégradé, qui permette un avenir pour eux et pour leurs enfants.

Or là, il y a beaucoup à faire pour  s’en sortir avec un optimum.

Il est même plutôt certain que les conditions d’existence que nous préparons à notre descendance sont largement dégradées et que les fusions de communes ne font en tout cas pas partie de la solution, mais plutôt du problème que nous leur léguons.

Le premier problème, qui n’est pas forcément le plus important, c’est celui de la dette faramineuse que nous avons accumulée à tous les étages de l’Etat et qui va peser sur nos enfants pour des générations entières. Certains spécialistes disent même que ce que nous laissons ne pourra tout simplement jamais être remboursé. D’abord parce que la volonté politique pour le faire fait défaut et ensuite parce que c’est quasiment impossible à cause du système lui-même qui le construit. En effet, le problème n’est pas dans la dette, mais dans les intérêts de la dette qui continuent à assécher les moyens que nous pourrions avoir de la rembourser. Evidemment, aux niveaux inférieurs (cantons, communes) la dette est moindre, mais la problématique reste la même. Donc, impasse !

Et le deuxième, ou plutôt les autres problèmes, ce sont les problèmes que nous accumulons du fait de notre façon de vivre très consommatrice et peu prévoyante de la préservation du capital naturel dont nous disposons. Cela s’appelle problème énergétique, réchauffement climatique, perte de la biodiversité, problèmes alimentaires, sanitaires, agricoles, de pollution, etc.

Ces problèmes dépassent de toute façon le cadre de ce qui peut être garanti dans le contexte local, même dans une fusion. Par contre, des actions locales peuvent être menées dans le sens d’une conduite responsable et sont, par conséquent, à encourager quel qu’en soit l’acteur.