Les urnes ont rendu leur verdict: la fusion est refusée !

Mais, alors qu’on pouvait s’attendre à un refus de la « petite » de se faire avaler toute crue par l’ambitieuse capitale, c’est la ville qui se rend compte de ce que pourrait signifier sa boulimie et qui, clairement, démontre que la « sauce fusion » n’est guère appréciée par ses citoyens et qui refuse les avances de Veysonnaz qui s’offre pourtant sur un plateau.
Ce mariage ne se fera donc pas. Le projet de fusion a été rejeté à 62,15% par les sédunois, alors que Veysonnaz le valide à 55%, soit l’exact score de son précédent vote qui marquait sa préférence pour Sion contre Nendaz.
La participation sédunoise est un standard urbain pour les votations: 41%, alors que Veysonnaz se rendait aux urnes en masse : 90%.
L’annonce du résultat dans l’émission Forum de la RTS:
Un verdict qui interroge
Ce verdict interroge d’autant plus que ces derniers jours les événements s’étaient clairement braqués sur des dysfonctionnement qui prétéritaient le camp du NON.
- L’information unilatérale des autorités avait déjà fait l’objet d’un premier recours au Conseil d’Etat, les deux municipalités ayant fait distribuer un tout-ménage d’information aux citoyens, les enjoignant d’accepter le projet.
- Un deuxième recours avait ensuite été déposé après la distribution du matériel de vote, qui reprenait simplement le tous-ménage, ne laissant que 1400 caractères aux deux comités d’opposants pour exprimer leurs arguments.
- A cela était venu s’ajouter un courriel anonyme injurieux adressé à un jeune Barlouka opposé à la fusion. L’enquête a révélé que l’auteur de ce message était un cadre de l’administration de Veysonnaz, membre du comité de pilotage de la fusion et en charge de l’organisation des scrutins.
On pouvait donc s’attendre qu’à Veysonnaz la barque soit pleine et que ces méthodes suffiraient à faire changer d’avis quelques hésitants barloukas…
Que nenni !
Ce sont les citoyens de la ville qui ont été les plus récalcitrants à ce manque de fair-play et qui l’ont fait savoir dans les urnes.
Dont acte !!
Un mariage raté. «Nous nous attendions à un résultat serré, tout spécialement à Veysonnaz où les débats ont été très nourris. Le oui des citoyennes et des citoyens de Veysonnaz montre que le projet était bien solide et bien construit… Malheureusement, nous n’avons pas réussi à convaincre les Sédunoises et Sédunois des avantages de la fusion». Les présidents des deux communes valaisannes, Philippe Varone (Sion) et Patrick Lathion (Veysonnaz) étaient sonnés dimanche 18 juin après l’annonce des résultats. La fusion qu’ils souhaitaient entre les deux ne se fera pas.
Vaudeville alpestre
Depuis des semaines, une campagne intensive avait été lancée à Veysonnaz, la station de ski à l’est du domaine des Quatre vallées, où se trouve la piste de l’Ours. Ce village était divisé à la manière d’un vaudeville alpestre entre les partisans d’un rapprochement avec Sion et ceux d’avec Nendaz. La ville ou la montagne. Les avis des deux camps bien tranchés se sont retrouvés dans les urnes dimanche. Conformément aux pronostics, où chaque vote est connu d’avance, les partisans de Sion l’ont emporté: 185 voix pour, 149 contre. Soit 55,4% de oui avec une participation de 90% des citoyens.
Le plus dur était fait. Eh bien non. C’est le vote simultané de Sion qui a provoqué une grosse surprise. Alors que la ville avait déjà accepté des fusions avec Bramois, Salins ou Les Agettes, cette fois la population sédunoise a contesté la politique d’expansion de la ville et de son président Philippe Varone: 5420 personnes ont dit non contre 3300 oui. 62,15% de non avec une participation de 40%.

Les habitants de Sion n’ont pas voulu partager leur destin avec ceux de Veysonnaz.
Cap sur le Mont Noble ?
Au terme d’une campagne d’une rare virulence, les deux présidents perdants ont lancé dimanche un appel «à l’apaisement». Pour la commune de Sion, c’est un coup d’arrêt dans sa volonté d’élargir le «Grand Sion» ou son projet de «Capitale suisse des Alpes», dénoncé par ses détracteurs. La commune entend toutefois poursuivre un projet de fusion avec la commune de Mont Noble à l’entrée du val d’Hérens, formée de trois villages d’altitude: Nax, Vernamiège et Mase.