Le maire de Pérenchies a évoqué, lors de ses vœux, la fusion de sa ville avec les voisines de Lompret, Prémesques et Verlinghem… sur le ton de la blague. Il n’empêche, le sujet est d’actualité et les avantages, notamment financiers, réels. Quand pensent les élus concernés ? Nous les avons interrogés.

Il y a quinze jours. Bernard Provo, maire de Pérenchies, annonçait une prochaine délibération actant le projet de fusion de la commune avec Lompret, Prémesques et Verlinghem sous les yeux ébahis des maires concernés. «  Nous aurons des conditions financières très intéressantes  », a argué le Pérenchinois, avant de glisser : «  C’était une plaisanterie.  »

Yvan Hutchinson a lui aussi esquissé un sourire… crispé. «  On n’était pas au courant. » Le maire de Prémesques y a vu un «  pavé dans la mare  ». Un sujet de réflexion, finalement, en pleine période de disette budgétaire. «  Juridiquement, c’est possible, et c’est même intéressant financièrement (lire ci-contre) » Au point de saisir la balle au rebond ? Non. L’élu de Prémesques, 2 200 habitants, juge que «  les habitants ne sont pas prêts. Clairement, on n’en est pas là. » Même si, l’édile UMP y verrait aussi une manière de peser politiquement face à Armentières la socialiste. Mais pas tout de suite. «  Si on devait évoquer le sujet, il faudrait d’abord en parler aux habitants.  »

Le son de cloche est identique du côté de Lompret et de Verlinghem. «  Les habitants sont attachés à l’identité de leur commune  », juge Jacques Houssin (Verlinghem, UMP). «  C’est à la population de dire ce qu’elle veut  », commente Hélène Moeneclaey (Lompret). Cette dernière estime qu’«  il existe des outils qui incitent à la mutualisation à la communauté urbaine  ». Alors oui, il y a des choses à faire, selon elle, mais dans ce cadre-là : «  Travaillons ensemble, ça va permettre de faire émerger des économies d’échelle. Mais ne bousculons pas les choses. Travailler ensemble, ce n’est déjà pas simple, car chacun a sa manière de faire. » Ce sera pour elle, comme pour Yvan Hutchinson, un des enjeux forts de ce mandat, à l’échelle de la Métropole européenne de Lille (MEL), mais aussi du SIVOM Alliance Nord-Ouest, à laquelle appartiennent Lompret, Pérenchies et Verlinghem. «  Une intercommunalité de proximité  », insiste Jacques Houssin.

Et qu’en pense Bernard Provo ? Curieusement, le maire de Pérenchies est en réalité opposé à cette fusion. L’élu entendait dénoncer à sa manière «  les actions, depuis 25 ans, pour supprimer des communes. » «  On est en train de diminuer nos ressources pour faire baisser le nombre de commune  », grince-t-il. Lui prône l’instauration d’un grand plan pour les sauver. Tout l’inverse de la fusion.

 

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