Publié le 04 avril 2022 sur lagazettedescommunes.com p

Dans les Alpes-Maritimes, plusieurs élus se sont officiellement prononcés contre la fusion du conseil départemental avec Nice Côte d’Azur. Un projet poussé par le candidat Macron lors de la présentation de son programme de campagne présidentielle.
Ils n’ont pas trainé pour organiser un vote contre la fusion de Nice Côte d’Azur avec les Alpes-Maritimes, envisagée par Emmanuel Macron lors de la présentation de son programme de campagne présidentielle, le 17 mars 2022.
Le président LR du conseil départemental, Charles Ange Ginésy, et quatre des sept présidents des intercommunalités du département réunis le 29 mars pour l’assemblée du pôle métropolitain Cap Azur, ont voté à l’unanimité contre toute fusion du département et de la métropole niçoise. « Résolument opposé à cette vision inadaptée, j’ai rappelé l’importance du couple département-communes, indique Charles Ange Ginésy, considérant que ce couple est « le garant » de « la proximité, de la solidarité territoriale et sociale » dont les citoyens ont « plus que jamais besoin ». Le président considère enfin que le soutien du département aux projets communaux et à l’aménagement du territoire est « essentiel ».
Le plan de 2017
Emmanuel Macron, interrogé par un journaliste de Nice Matin sur le droit à la différenciation pour les collectivités, avait répondu que si le patron de la métropole Nice Côte d’Azur Christian Estrosi, rallié à sa candidature, parvenait à « convaincre un ou deux de ses collègues », il pourrait alors mettre en œuvre ce « vrai projet de simplification ».
Il s’inscrirait dans la volonté du candidat Macron, de « permettre à des collectivités qui le veulent de s’organiser politiquement et administrativement de manière différente ». « Peut-être que la métropole de Nice a vocation à fusionner avec le département des Alpes-Maritimes », formalisait-il clairement, renvoyant à l’unique exemple abouti à Lyon, où la fusion entre le Rhône et Lyon Métropole « a permis d’énormément simplifier les choses ».
En 2017 déjà, cette fusion métropole-département faisait partie des projets de campagne d’Emmanuel Macron.
Echec à Aix-Marseille-Provence
Si le principe était envisagé à l’échelle nationale, le futur président visait alors plus spécifiquement un autre territoire de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Aix-Marseille-Provence. Alors que la vaste métropole venait de naitre dans la douleur, du fait de l’opposition de la quasi-totalité des maires concernés par le projet, la perspective d’une fusion avec les Bouches-du-Rhône avait été accueillie plutôt favorablement. Emmanuel Macron élu à la tête de l’Etat, Jean-Claude Gaudin, qui présidait alors Aix-Marseille-Provence, avait démissionné au profit de Martine Vassal, de sorte que la chef du département devenait alors également présidente de la métropole, facilitant encore la fusion des deux entités.
La préfecture des Bouches-du-Rhône, missionnée par le gouvernement, avait également rendu un rapport validant la faisabilité du processus, même si sa mise en œuvre impliquait de régler le sort de trois intercommunalités de l’ouest du département, non membres de la métropole. Mais cet alignement des astres n’a pas suffi à engager la réforme, finalement reportée sine die, sans que le gouvernement ne précise ses motivations.
A Nice, Christian Estrosi, voulait déjà cette fusion avec le conseil départemental en 2018. Alors qu’il a quitté LR en 2021 et soutient le président sortant, sa rivalité avec le porte-parole de Valérie Pécresse, le député et conseiller départemental LR Eric Ciotti, trouve là un nouveau terrain de jeu. Dans un tweet, Anthony Borré, premier adjoint de Christian Estrosi, dénonce une « obsession contre Nice » de la part des élus signataires de la motion, précisant qu’une fusion ne concernerait que le périmètre de la métropole.