
Bonjour,
Habitant d’Ecublens (FR) dans la Glâne depuis plusieurs années, j’assiste à une dérive totale du processus démocratique.
Pour la faire courte, il y a déjà eu des fusions de petites communes dans la région dont le résultat laisse dubitatif de nombreux habitants. Les petites guerres intestines, nourries de vieilles querelles agricoles et familiales inter générationnelles sont légions et gangrènent les organes politiques par des agendas et enjeux plus ou moins cachés.
Le 14 février 2021, les populations des communes ont répondu à un « sondage par vote pour une étude de fusion ». La question posée était: Soutenez-vous le projet d’étude visant à réunir en une seule, les communes d’Auboranges, de Chapelle, d’Ecublens, de Montet, de Rue et d’Ursy ?
Sur les 6 communes, seule Ursy s’est positionnée contre le projet d’étude. Les taux de participation variaient entre 42 et 69%.
Dans l’intervalle, la petite commune d’Ecublens, 300 habitants (regroupant déjà 3 petites communes Ecublens, Eschiens et Villangeaux) a vu [se former] un mouvement de résistance à une forme d’autocratie « activement passive » de son exécutif face aux demandes concrètes d’une partie des habitants, ayant généré des pétitions concernant la gestion des déchets et de la vitesse. Les mêmes, essayant vainement de faire bouger les choses lors d’assemblées communales houleuses, résumaient le ressenti général ainsi: « On ne croit plus à nos dirigeants depuis longtemps, puisque tout est fait pour que rien ne change mais que les impôts soient amassé au maximum »
Un terreau fertile à l’acceptation d’un projet de fusion en regard du climat de défiance.
Pourtant la commune est riche (environ 1 million à 300 habitants…) et suite à l’acceptation du projet d’étude de fusion, on constate [maintenant] rapidement que les autorités communales confondent acceptation du projet d’étude avec acceptation de fusion. Donc, la résistance s’organise pour que les deniers accumulés ne soient pas avalés dans cette fusion, surtout que d’autres communes vident gentiment les caisses dans cette optique.
Le nouvel exécutif élu se positionne rapidement comme le fer de lance de la fusion pour contraster avec la passivité de l’équipe précédente.
Du coup des citoyens arrivent à obtenir en assemblée une baisse d’impôts rétroactive de 88 à 10%
Celle-ci sera invalidée plus tard pour un soit disant vice de forme par la préfecture.
Par conséquent, la démarche est reprise formellement correctement au travers d’une récolte de signature afin d’être prêt pour la prochaine assemblée et proposer un taux plus réaliste ou acceptable.
L’exécutif en place se victimise en disant subir une pression négative de ses citoyens qui crée une mauvaise ambiance… et démissionne en bloc, laissant place à un exécutif de transition mis en place par la préfecture. Et nous voici sous tutelle, mais quel contraste ! La première assemblée communale est une brillante démonstration d’efficacité, de communication, de résultats et d’écoute ! Le préfet est là et en remet une petite couche pour la fusion « acquise » en fusionnant [le] oui à l’étude avec le oui à la fusion.
La parfaite démonstration d’une équipe de quasi pros (anciens syndics de grandes communes) en faveur du modèle de fusion.
Une intervention en assemblée signale la confusion crasse qui est faite et rappelle que toutes les pré-mesures et décisions prises en vue de la fusion dépassent le mandat [du Conseil] et que le législatif ne s’est pas prononcé en faveur de la fusion. Ceci d’autant plus qu’aucune vision n’a été présentée, ni stratégie ou analyse basique des risques et opportunités, comme le ferait n’importe quel groupe de travail ou chef de projet en entreprise. Les choses sont faites à l’envers !
C’est comme si des mécanos s’affairaient sur un moteur sans savoir si c’est un tracteur, un camion ou une Ferrari, sans avoir réfléchi au préalable sur le futur usage et [la] fonction et direction du véhicule.
Entre temps, la communication est désastreuse, les habitants des communes concernées découvrent, par voie de presse ou de manière asynchrone, les décisions prises par les exécutifs dans le total irrespect des habitants et l’on voit émerger la forte personnalité, connue pour être autocratique, du syndic de Rue qui annonce dans le journal, avec la délicatesse d’un bulldozer, « Nous passons à la vitesse supérieure » et que la fusion des communes, provisoirement appelée » Glâne-Sud », s’appellera Rue. Bravo, classe et apaisant ! Ainsi les habitants de Rue ont été informés de plein de choses le 11.5.2023, ensuite relatées dans la presse et, à Ecublens, on reçoit tardivement un tous-ménages pour une soirée d’information (quid du contenu ?) le 5 juillet en période de vacances… bonjour l’affluence !
Du grand classique j’imagine ?
Volontiers votre retour d’expérience.
Merci du temps consacré à la lecture de ce « courrier-pour-la-faire-courte »…
Meilleures salutations.
Un lecteur d’Ecublens (connu de la rédaction)