Quand l’union plaine-montagne échauffe les esprits

Publié le 16 juin 2023 sur le site 24heures.ch par Patrick Monay

 

«En Valais comme ailleurs, les petites communes ont de plus en plus de mal à faire face à des tâches qui se complexifient.»

Capitale suisse des Alpes?

Le commentaire de fusionite.ch

Tout le monde a pris conscience en Valais que le vote sur la fusion de Sion avec Veysonnaz sera à nouveau une étape importante dans le vaste mouvement concentrateur qui s’est mis en place en Suisse depuis une vingtaine d’année. Dernier canton, avec Genève, à être contaminé par la « fusionnite », le Valais aura bientôt (?) en main tous les outils législatifs pour permettre l’avènement d’une « gouvernance moderne » et la fusion Sion-Veysonnaz doit servir d’introduction au concept de « pôles urbains » censés se construire autour des 6 villes principales du canton. Ceci est prévu dans la nouvelle Constitution qui sera soumise au peuple en 2024.

Dans l’attente, les arguments des fusionneurs se répandent allègrement dans les médias et l’article de 24H ci-dessus, malgré sa volonté d’équilibre, ne fait pas exception et distille la même petite musique des fusions inéluctables qui ne seraient que des « mariages de raison ».

Fidèle à sa volonté d’illustrer l’autre point de vue, fusionite.ch relève donc les points suivants:

1. Tout d’abord, il faut relever que tout ce travail de sape, destiné à long terme à (quasiment) supprimer le niveau communal de la carte territoriale effective, est réalisé à l’initiative d’élus qui y trouve un sujet de législature dans l’air du temps, mais pour lequel ils n’ont pas été élus. D’ailleurs, tout se passe en petits comités, entre élus (non mandatés donc pour préparer la suppression de leur commune) et consultants (dont le mandat, lui, est d‘accompagner les communes jusqu’à la fusion), sans que soit posée la question de savoir ce qui dysfonctionne dans la commune et quelles alternatives pourraient être proposées et analysées, puisque tout le monde dit que les fusions sont inéluctables: la fusion est la réponse obligatoire à une question que l’on ne pose pas!

2. Le seul problème des fusions est donc de convaincre la population de leur nécessité « raisonnable ». Et pour ça, l’argent public est largement mis à contribution.

    • Par l’incitation financière cantonale, qui est le premier hameçon lancé aux élus des communes.
    • Par la promesse d’une baisse d’impôt substantielle, hameçon lancé aux citoyens-contribuables.
    • Par la menace d’une modification de la péréquation financière et l’encouragement de la concurrence fiscale, adressée aux communes recalcitrantes.
    • Par l’utilisation des deniers publics pour financer les documents pro-fusion. (Sur ce point, les recours déposés auprès du Conseil d’Etat – une première – sont bienvenus et significatifs.)

3. Finalement, l’affirmation que le processus s’avère bénéfique quand il aboutit est purement gratuite, car jamais vérifiée par une étude objective, mais plutôt démentie par des analyses partielles, notamment du gain financier pour la commune fusionnée.

En fait, ce dont une grande (?) partie de la population commence à prendre conscience, c’est que les fusions répondent surtout à une préoccupation administrative et technocratique, dont l’aspect démocratique et d’autonomie, inscrit radicalement au sein des entités communales, leur fait obstacle.

C’est ce qui est en question dans ce(s) vote(s) !