Croire qu’une grande commune coûte moins cher que x petites est une illusion pourtant colportée depuis longtemps par les promoteurs des fusions. Cette affirmation est fausse. C’est ce que confirment les statistiques. C’est aussi ce qui ressort d’une analyse plus globale de la problématique.
Croire qu’avec la fusion on va faire des économies est une chimère. D’ailleurs après avoir asséné tous leurs arguments sur l’assainissement financier des communes du projet, les promoteurs de la fusion eux-mêmes lénifient leurs propos face à certaines critiques en disant « qu’on ne fusionne pas pour des raisons financières… ». Ce qui est un comble quand on connaît le « poids » des arguments financiers et économiques dans l’argumentation pro-fusion. Sans doute pour prévenir la surprise devant des « imprévus » qui ne manquent pas d’arriver. Mais il est certain que baisser l’impôt, faire des investissements autrement insupportables ne suffit pas à créer une communauté. L’échec est programmé, la commune est plus un espace social, un lieu d’identité et de rencontre qu’un territoire à administrer, même si elle est cela, aussi.
Ensuite la fusion elle-même coûte. A elles seules, la préparation, l’organisation et la mise en oeuvre d’une fusion coûtent, même dans le cas de petites communes, des dizaines, voire des centaines de milliers de francs. «Tout d’abord, les projets de fusion nécessitent presque toujours la collaboration d’experts extérieurs. Ensuite, la réorganisation (nouvelles structures administratives, nouveaux locaux, adaptation des moyens informatiques) entraînent des frais.». A ce sujet d’ailleurs, une réflexion revient souvent durant les études de fusion: toutes les démarches, toutes les dépenses engagées sont entreprises sans consultation préalable, alors que la population pourrait avoir une vision très différente de celle de ses élus.
Les administrations professionnelles sont plus coûteuses et plus anonymes.
N’importe quel politicien communal sait que le système de milice est toujours moins coûteux qu’une administration professionnelle. Les administrations des villages, contrairement à celles des grandes communes, travaillent à moindres frais car elles emploient moins de personnel, souvent à temps partiel, mais ce sont des gens qui connaissent bien l’endroit et se débrouillent sans beaucoup de bureaucratie. La maison de commune et son équipement sont amortis depuis longtemps. Bien qu’une postulation du bénévolat ne soit pas dans nos intentions, il faut reconnaître que les «miliciens» travaillent souvent à titre bénévole ou contre une (trop) faible rémunération et seuls ceux qui se sentent liés à leur village en sont capables. Chacun sait que les frais de personnel ainsi que la bureaucratie augmentent avec la taille de la commune. Le secrétaire d’une commune villageoise dépose rapidement en rentrant chez lui une note dans la boîte aux lettres d’une famille, ce qui est impossible dans une grande commune.