Gains d’efficacité ?

Pourquoi fusionner ? On nous répète que le volume et la complexité des tâches que les communes doivent traiter aujourd’hui nécessitent un appareil administratif plus important et des compétences accrues.

On attend en principe d’une fusion de communes qu’elle augmente l’efficacité et la portée réelle des tâches accomplies : la qualité des prestations serait améliorée et les coûts pourraient être abaissés. Ce ne sont pas les prestations étatiques en soi qui seraient à mettre en cause mais les structures.

La qualité s’améliorerait, car les grandes communes sont à même d’offrir des prestations qui dépassent les capacités des petites communes (par exemple dans le domaine culturel). Par ailleurs, l’exécution des tâches serait plus professionnelle (« davantage, mieux, moins cher »).

Là aussi la prudence est de mise. Selon des études menées à la fin des années 90 suite à la première vague de fusions, il n’y aurait pas d’effets de synergie, car les communes fusionnées adapteraient simplement leur niveau de performance à celui de la commune qui avait auparavant le standard le plus élevé. Comment trouver des synergies et gagner en efficacité sans pénaliser la population ? L’efficacité postule la centralisation, incompatible avec un accès égalitaire aux prestations garanti pour tous les citoyen(ne)s. Optimisation, c’est à dire adaptation et rationalisation des prestations, va rarement de pair avec qualité des prestations, surtout du point de vue du citoyen.

La prétention à l’optimisation des prestations passe forcément par la case « Finances » et dans ce domaine optimiser veut dire diminuer les coûts. Et là, nous entrons dans le flou complet pour une raison intrinsèque à la vitesse dont les paramètres économiques évoluent. Si les conditions cadres peuvent être théoriquement planifiées sur la durée (on parle souvent de visibilité souhaitable à 10 ans), qui peut prédire ce que l’économie sera dans 10 ans ?

On prend les mêmes et on recommence…

Ce qu’il faut pour le moins constater, c’est que les tâches administratives sont prioritairement assumées par le personnel administratif et que, selon la promesse habituelle de ne licencier aucun employé communal, c’est le même  personnel qui assumera le travail à faire dans la commune étendue. Tout au plus une réorganisation des fonctions aura-t-elle lieu avec une modification de la hiérarchie.

De même, les autorités – du moins dans la première législature – sont souvent choisies parmi celles qui ont promu la fusion. Leur nombre a seulement été légèrement augmenté pour faire de la place à une représentation « équilibrée » des anciennes communes. Mais il n’y a plus une seule commune à gérer, mais plusieurs à réunir en une seule ! Et le total des autorités qui la gère n’équivaut jamais au total des autorités précédentes. Donc, comment faire plus avec moins, surtout au moment où, en sus du travail habituel, il faut réorganiser entièrement l’ensemble des communes pour n’en faire qu’une.

Peut-être serait-il indiqué de garder notre énergie pour résoudre d’autres problèmes plutôt que suivre des projets à objectifs purement administratifs !