Cent fois sur le métier tu remettras l’ouvrage!

Malheureusement, un vote négatif des citoyen(ne)s sur un projet de fusion ne marque pas forcément le point final du combat contre un processus dommageable pour la communauté locale.

C’est le cas du projet de fusion des communes de l’Est neuchâtelois, baptisé Entre-deux-Lacs, qui à peine rejetée par les citoyen(ne)s du Landeron, a été relancée en incluant cette fois un plan B : une convention « bis » sans la commune d’Enges qui ne cache pas son scepticisme devant ce nouveau projet précipité.

Les exemples ne manquent pas non plus de projets avortés par le désistement de l’une ou l’autre commune et relancés dans une nouvelle configuration territoriale, même incongrue.  

Car, il faut au moins reconnaître aux promoteurs des fusions leur persévérance, on devrait même plutôt dire leur obstination, à vouloir faire aboutir leur plan et c’est sans surprise que les populations locales doivent s’attendre à voir resurgir, tel un phénix, un nouveau projet de fusion, alors que le précédent est à peine consumé.

L’analogie avec l’oiseau mythique ne s’arrête pas là. De la même manière que des cendres de ce bûcher surgissait un nouveau phénix qui contrôlait le feu de mieux en mieux à chaque résurrection, avec les années et « l’expérience », les projets de fusion renaissent de projets trop vite enterrés avec de nouvelles variantes, adoptées « sur le feu » par des députés attentifs à maintenir la pression sur des citoyen(ne)s vers qui on revient constamment à la charge pour obtenir le fameux Graal.

Par exemple :

Là, plusieurs opposants ont argumenté sur la perte d’origine qu’ils subissent, et hop ! des députés montent au créneau pour proposer un amendement de la loi.

Garder le lieu d’origine, même si la commune indiquée n’existe plus… Même en ignorant tous les problèmes techniques que cela pose (en matière de traçabilité notamment), on ferait mieux de proposer des compensations démocratiques à intégrer aux conventions plutôt que d’insister avec les mêmes solutions aussi extrêmes.

Là, des autorités communales se plaignent du délai trop court qu’on leur accorde pour déposer une convention de fusion, et hop ! des députés montent au créneau pour proposer une prolongation.

Là encore, on juge que l’incitation financière n’incite pas assez, et hop ! des députés argumentent qu’on donne plus ailleurs et on vote une coquette rallonge qui remet tout le monde dans le train.

Ce genre d’artifice fait partie de la stratégie globale qui s’affine au cours des années et dont le but est d’obtenir les fusions à tout prix, en corrigeant ce qui doit l’être en fonction du but à atteindre..

Tout ça n’est pas très sérieux, mais on pourrait se rattraper en se demandant :

Quel sens a finalement cette diminution du nombre de communes qu’on veut absolument imposer ?

Où est la limite ?

Quel doit être le rôle politique de la communauté locale ?

 

Si l’on sait qu’on parle déjà de fusion de districts, de fusions de cantons, sans parler de la relance incessante du débat sur l’intégration européenne, cela laisse songeur.

Doit-on conclure que toute cette subdivision est inutile ? Voire un obstacle ?