Fusion Sion-Veysonnaz: un vote serré du Conseil général qui «ouvre le débat»

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Publié le 5 avril 2023 sur le site lenouvelliste.ch par Dimitri Mathey

Le vote du Conseil général sédunois en faveur de la fusion avec Veysonnaz fait réagir les fronts. Pour les mouvements d’opposition, la division du législatif marque le besoin d’un débat. Les autorités, elles, saluent une décision démocratique.

Sur le papier, le vote n’a aucune valeur. Il traduit sans impératif l’opinion des élus sédunois. Pourtant, le scrutin pèse de tout son poids sur la campagne. Au lendemain du Conseil général, partisans et opposants à la fusion interprètent les résultats. Divisés et donc relatifs pour les uns, tranchés et ainsi démocratiques pour les autres.

Rarement un vote du législatif (30 voix pour, 24 contre et 3 abstentions) n’aura éveillé un tel intérêt. Au sein de l’assemblée, déjà, mais aussi au-delà des frontières communales.

Le détail du scrutin, tenu à bulletins secrets, n’est pas connu. Mais visiblement, les élus PLR ont tenu leur position en faveur du projet à l’heure où quelques voix du Centre, farouche opposant à la fusion, se sont dispersées. L’UDC a soutenu le mariage du bout des lèvres alors qu’à gauche, les avis ont été divisés.

Pour lier le destin de deux communautés aux identités si différentes, il en faudra bien plus.
Le comité d’opposition Ensemble pour Veysonnaz

Un «bon signal» pour lancer le débat

Mercredi matin, Ensemble pour Veysonnaz s’adressait à la presse par communiqué. Dans son viseur, le scrutin de la veille. «Ce résultat n’est aucunement un plébiscite», écrit le comité d’opposants. «Pour lier le destin de deux communautés aux identités si différentes, il en faudra bien plus», ajoutent les Barloukas.

Contactée, la porte-parole du mouvement analyse la division du législatif sédunois comme «un bon signal». Julie Métrailler précise: «Ce vote mitigé met en lumière la nécessité d’avoir un vrai débat en toute transparence et dans l’intérêt commun.»

Nous sommes satisfaits de constater que près de la moitié des élus au Conseil général ont les mêmes préoccupations que nous.
Françoise Gianadda, membre du mouvement Non au grand Sion

Dans la capitale, le mouvement citoyen Non au grand Sion affirme «prendre acte avec déception» du résultat. «Si proche du but, on aurait évidemment voulu que le vote balance dans le camp du non. Mais nous sommes satisfaits de voir le débat s’ouvrir et de constater que près de la moitié des élus au Conseil général ont les mêmes préoccupations que nous», relève Françoise Gianadda, membre du collectif.

Un projet «plus étudié» que pour Salins ou Les Agettes

Du côté des autorités, on se félicite du soutien du législatif au projet. Et la courte majorité ne signe pas l’amorce d’un désaveu. Au contraire, estime Philippe Varone, président de la ville de Sion. «Un vote serré ne veut rien dire», lance-t-il d’emblée. «C’est la diversité des opinions qui s’exprime.»

Un vote serré ne veut rien dire, c’est la diversité des opinions qui s’exprime.
Philippe Varone, président de la ville de Sion

Désormais, ajoute-t-il, c’est à la population de se forger son opinion et de trancher. «Tous les arguments sont sur la table.» Et selon le chef de l’exécutif, le travail en amont de cette union est minutieux. «Le projet est plus étudié que pour les fusions avec Salins et Les Agettes», affirme-t-il.

Un deuxième oui

A Veysonnaz, l’issue du scrutin sédunois «que l’on savait partagée» enthousiasme le chef de l’exécutif. «On ne s’attendait pas à un plébiscite, mais le oui du Conseil général envoie un signal très positif», relève Patrick Lathion.

Il rappelle au passage que ce vote consultatif coïncide avec la volonté populaire exprimée dans les urnes barloukettes en novembre 2020.

On ne s’attendait pas à un plébiscite, mais le oui du Conseil général envoie un signal très positif.
Patrick Lathion, président de Veysonnaz

A noter encore que les citoyens, indécis ou non, pourront asseoir leur position d’ici à la votation du 18 juin prochain. En effet, des présentations publiques portées par les autorités sont prévues début mai dans les deux communes. Dans la foulée, «Le Nouvelliste» organisera un débat public à Veysonnaz et à Sion.

 


 

C’est un oui. Sans être tonitruant, le consentement est donné. Le Conseil général sédunois veut d’une fusion avec Veysonnaz. Par 30 voix contre 24 et 3 abstentions, les élus ont approuvé les fiançailles. Sans sceller l’union. C’est le peuple qui tranchera le 18 juin prochain.

Le vote de ce mardi soir est en effet consultatif. Autrement dit, le législatif s’exprime sans dicter sa volonté. Mais si ce scrutin n’a pas de valeur légale, son issue reste capitale. Elle est d’ailleurs scrutée par tous les acteurs du dossier. Un «non» aurait largement étayé l’argumentaire des opposants à la fusion et freiné la campagne portée par les autorités.

Un scrutin anonymisé

Le vote s’est déroulé à bulletins secrets, brouillant ainsi l’analyse politique du résultat. Une certitude, le PLR et une majorité de l’UDC veulent d’un mariage alors que la plupart des élus du Centre militent pour le célibat. Sans consigne, le PS aurait quant à lui divisé ses voix. Faute de trouver un accord à l’interne, Les Verts ont également renoncé à un mot d’ordre et ont, a priori, scindé leur vote.

Ce scrutin marque le point d’orgue d’une campagne qui s’est officiellement ouverte depuis quelques jours. Mais les autorités ne peuvent pas, pour l’heure, sabrer le champagne. À moins de célébrer une victoire d’étape.