Fusion: Vex choisi(rai)t largement le val d’Hérens plutôt que Sion

Publié le 22 novembre 2022 sur le site lenouvelliste.ch par Noémie Fournier

 

Consultée ce dimanche, la population de Vex n’est pas opposée au principe de fusionner. Et aucune hésitation sur la préférence pour le val d’Hérens sur la capitale.

 A Vex, le vote consultatif a respecté ce qui était prôné par la Jeunesse bacounie, ici réunie dans son stamm. Vex voit son avenir avec le val d’Hérens.

 

Il y avait, ce dimanche, les votations cantonales. A Vex cependant, un tout autre objet était au centre de l’attention. En témoigne le taux de participation de la commune, qui s’élève à 66%, contre les 39% de moyenne dans le reste du canton.

Dans la longue file vers l’isoloir, un seul mot à la bouche des Bacounies et des Bacounis. La fusion.

A titre consultatif, la population devait dire si elle était en faveur du principe d’une union et en cas de mariage, avec qui.

Ce dimanche, son message a été clair. Le destin de Vex est lié à la vallée. Et non avec la capitale.

 

Petit oui au principe de fusion

Commençons par la première question. Oui ou non au principe de fusion? On l’avait senti dans les débats. On l’avait deviné lors des soirées citoyennes. La question ne faisait pas l’unanimité et l’impression s’est confirmée dans les urnes.

C’est un petit oui à 51,8%, soit 30 voix d’écart. C’est que le rapport d’expert avait jugé possible le statu quo. C’est aussi qu’une fusion avec la vallée ne semble pas être réalisable sur le court terme. C’est peut-être qu’on voulait mettre un garde-fou en cas de préférence pour Sion à la deuxième question.

Bref, Vex n’est pas contre la fusion. Sans être totalement emballée non plus.

Le val d’Hérens prôné par les trois quarts de la population

Le choix entre le val d’Hérens et Sion n’a, lui, laissé place à aucun doute. A 76% de voix, soit 610 votantes et votants contre 190, Vex préfère la vallée. «Aujourd’hui, le message clair de la population est en effet l’exclusion d’une fusion avec Sion», résume Danny Defago.

Aujourd’hui, le message clair de la population est en effet l’exclusion d’une fusion avec Sion.
Danny Defago, président de Vex

Le président de la commune, qui s’était prononcé en faveur d’un projet commun au val d’Hérens il y a plusieurs années mais qui s’est résigné depuis devant l’incapacité des autorités à s’entendre, craint d’être dans une impasse. «Sans être inquiet, je suis soucieux pour l’avenir de notre commune dont le cœur penche aujourd’hui pour une solution qui n’est pas applicable à court terme.»

Un avant et un après 27 novembre?

Ce dimanche, l’hésitation du chef de l’exécutif est contrebalancée par la joie de la jeunesse bacounie. Dans le café transformé en stamm pour l’occasion, c’est jour de fête. «Un résultat aussi marqué était inespéré», lâche Sébastien Gaspoz, membre du comité NonFuSion, qui s’est activement engagé depuis plusieurs semaines contre une hypothétique fusion avec la capitale. «Aujourd’hui le chapitre du Grand Sion est clos pour notre commune de Vex, nous ne pourrions pas être plus heureux.»

Aujourd’hui le chapitre du Grand Sion est clos pour notre commune de Vex, nous ne pourrions pas être plus heureux.
Sébastien Gaspoz, membre du comité NonFuSion

Un militantisme des jeunes que Danny Defago entend aussi comme la promesse de continuer à s’engager. Et la jeunesse est consciente de sa responsabilité. «Nous n’avons pas encore établi de stratégie concrète mais nous espérons vivement que notre engouement atteigne le reste de la vallée», poursuit Sébastien Gaspoz. «Un choix aussi important qu’une fusion de commune peut et doit venir de la base aussi.»

 © Louis Dasselborne

Le comité en est convaincu, il y aura un avant et un après 27 novembre 2022. «Vex a peut-être donné l’élan qui permettra au val d’Hérens de faire quelque chose ensemble», conclut Sébastien Gaspoz.

A noter que le Conseil municipal de Sion a décidé lors de sa dernière assemblée de ne pas commenter le vote consultatif de la population bacounie.

 

Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait avec ça?

Vex s’est prononcé. Clairement. Pourtant, on peine à savoir quelles seront les conséquences concrètes de cette consultation. En 2019, le oui sec et sonnant au principe de fusion de Veysonnaz, qui avait également consulté sa population, validait le fait d’aller de l’avant, même si la préférence pour Sion face à Nendaz n’était pas écrasante.

A Vex, on reste un peu ballot. C’est un petit oui à la fusion mais un oui quand même et c’est une large préférence pour la variante qui n’a pas de projet sur la table, au contraire de Sion, déjà engagé dans un processus de fusion avec Mont-Noble et Veysonnaz. Processus que Vex aurait pu rejoindre en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et qui concerne directement le val d’Hérens qui ne manquera pas d’en suivre l’avancée. A moins qu’un mouvement à l’échelle de la vallée ne s’opère en parallèle. Bref, ce dimanche, Vex a envoyé un message au val d’Hérens. Reste à savoir s’il sera une bouteille à la mer, ou s’il trouvera un véritable écho dans la vallée.