Des communes tirent la langue pendant que des paroisses vont mal: fusionner? Cela ne résout pas tout.

Un week-end sous le signe de la fusionite. Samedi 10 janvier, «La Liberté» nous apprend que les communes vont mal. La solution: fusionner! Comme si une fusion allait générer de nouvelles recettes fiscales ou réduire les contributions aux pots communs! Comme si de modestes économies d’échelle allaient compenser les charges engendrées par la bureaucratie propre à une grande structure!

Pas besoin d’arguments! La fusion, désormais, c’est un dogme. Et surtout ne pas évoquer les rares études qui oseraient manquer d’enthousiasme sur le sujet. L’une des plus récentes, du professeur Peter Moser, a été réalisée pour le canton des Grisons: elle préconise, comme taille idéale, 5000 à 6300 habitants pour des communes urbaines et 1200 à 1400 habitants dans les régions rurales.

Heureusement, le Sud fribourgeois résiste un peu mieux à cet aveuglement. Hélas, à force d’entendre médias et politiciens répéter que «les petites communes, c’est l’enfer», nos concitoyens risquent bien de finir par y croire. Et renoncer à s’engager dans ce magnifique service à nos communautés que constitue un mandat de conseiller communal. Déprimant!

Histoire de retrouver des forces, la soirée de samedi commence par la messe à l’église du Crêt. Une belle assemblée, une chorale, pas si mauvaise, un organiste, excellent. L’évêque fait lire sa lettre pastorale. Les paroisses vont mal. La solution: fusionner! De grands rassemblements dans les centres! Et de railler des messes qui ne réuniraient qu’une trentaine de fidèles, dont le caractère ne serait, de surcroît, pas suffisamment extraverti. Maudits Fribourgeois, va!

Thierry Vial,

conseiller communal, Le Crêt