Au niveau démocratique, l’un des « apports » des fusions, par son aspect démographique, réside également dans la constitution de sections locales de partis constitués au niveau cantonal ou fédéral. S’il est évident qu’une politique a forcément des implications jusqu’au niveau local,  voire dès le niveau local, ces nouveaux venus dans les communes amènent par leur positionnement liminaire un élément de clivage entre les citoyen(ne)s. Cet antagonisme artificiel dans la population complique ensuite la résolution des questions locales. Démocratiquement, ils introduisent une couche supplémentaire entre le citoyen et l’expression de sa propre vision de la marche de la communauté, voire limitent les choix qu’il pourrait formuler.

La transformation de l’Assemblée Communale, remplacée généralement après une fusion de commune en un parlement d’élus, s’accompagne généralement aussi, si ce n’était déjà le cas, de la constitution de partis politiques. Ce changement induit un effet significatif sur la vie politique communale en introduisant de nouveaux interlocuteurs.

La création de ces formations censées être le relais entre les citoyen(ne)s et le parlement conduisent très vite à un alignement de  la politique locale sur celle des partis au niveau national et y introduisent très souvent des thématiques qui n’ont pas de réalité dans la vie locale.

Cette modification du fonctionnement des débats au sein de la commune n’est pas sans effet sur la participation des citoyen(ne)s aux objets discutés. Là où certains verront encore une clarification, voire une catégorisation salutaire des opinions, la réalité montre encore une fois la mort d’une certaine « biodiversité » argumentaire et surtout le nivellement de nuances d’opinions qui ne se nourrissent pas au biberon partisan. Au final, ces différences d’opinions se diluent ou même se perdent  dans la longue remontée vers le parlementaire censé les représenter.