Je vais voter « non » à ce projet de fusion. Mais comme j’avais bien voté « oui » précédemment à la fusion à sept, je voudrais expliquer mes raisons pour cet apparent revirement.
Qui me connait sait que mon « oui » au premier projet n’était pas sans réserves sur le fond. En résumant à l’extrême, je reprochais au modèle de la fusion proposé par le COPIL d’être basé sur un fond de pensée anti-urbain – tout sauf Neuchâtel, et d’être animé par un esprit essentiellement conservateur. Derrière quelques bonnes paroles pour la galerie, l’intention d’une grande partie du camp pro fusion m’apparaissait être en fait de changer le moins possible du mode de fonctionnement des communes actuelles. Egalement je constatais que le projet de fusion était plus centré sur des raisons internes au système politique, plutôt que sur les vrais besoins des habitants.
Mais malgré cela, je trouvais que la fusion à sept offrait quand-même une opportunité pour une meilleure gouvernance locale. Deux éléments m’encourageaient à cette analyse : l’apport de la culture politique particulière du Landeron, ainsi qu’un calendrier et un cadre institutionnel qui aurait en principe permis à qui le souhaiterait de présenter des propositions politiques alternatives dans l’intérêt des habitants.
Les circonstances actuelles sont très différentes. On n’a évidemment plus Le Landeron, et le modèle de fusion proposé est aussi bien rétréci sous plusieurs aspects. Mais surtout j’y vois un projet matérialisé par un calendrier qui exclut toute opportunité d’influencer démocratiquement les institutions et la politique de la nouvelle commune.
Avec la première fusion je pouvais penser qu’on aurait près de six mois avant les élections pour préparer et promouvoir des politiques réformatrices dans le nouveau cadre. Puis ensuite les élus auraient eu encore presque autant de temps pour mettre en place la gouvernance de la nouvelle commune, avec un bon équilibre des pouvoirs, tout en élaborant calmement le premier budget de fonctionnement.
Avec le projet actuel, on devrait s’organiser sur le nouvel espace, préparer et débattre des programmes, faire campagne en moins de trois mois, de plus en pleine période de vacances d’été. Et ce n’est pas fini. Une fois réuni à fin octobre, le nouveau législatif ne servira en fait qu’à élire le Conseil communal, lui délégant implicitement tous pouvoirs pour la mise en place des nouvelles institutions. Ce même Conseil communal n’aura que moins d’un mois pour préparer et faire passer le budget de la nouvelle commune. Permettez-moi de penser que cette manière de faire n’est ni sérieuse ni démocratique. Elle ne respecte ni les électeurs, ni les futurs élus.
De fait le processus qui nous est présenté ne peut qu’amener à une situation politique ficelée d’avance, manquant de représentativité démocratique, et bloquée pour quatre ans.
Dans ces conditions même le statu quo me semble donner plus d’opportunités pour une meilleure politique locale. Donc pour moi c’est « non ».
