La stratégie de communication ne se limite pas à la mise en forme convaincante des éléments favorables à la fusion, mais les vecteurs de la communication acquièrent une importance particulière. Un impact important sur la population est la démonstration de la conviction bien établie de « l’équipe » communale au grand complet.
La collégialité demandée à un exécutif joue un rôle non négligeable dans la promotion d’une fusion parmi la population. S’il s’élève des positions contradictoires parmi les conseillers, ceux-ci peuvent être des pierres d’achoppement conduisant à l’échec du processus.
Je me souviens d’avoir été contacté par des membres d’exécutifs communaux opposés à la fusion de leur commune qui n’avaient pas le droit de s’exprimer ouvertement alors que leur population était très partagée et demandait des suppléments d’information sur des points sensibles. J’ai fait bon usage de leurs constatations dans ce livre.
J’ai aussi l’exemple de conseillers s’étant exprimés publiquement contre les fusions après la fusion de leur propre commune au vu des conséquences négatives qu’elle avait visiblement entraînées et qui « se sont fait remonter les bretelles». Depuis, ils n’ont pas osé renouveler leur prise de position.
Ainsi, dans la communication, outre le fait de montrer des autorités « collégiales » autour de la promotion de la fusion, un élément de conviction standard est d’impliquer le personnel communal dans le travail de persuasion de la population.
« La communication ne concerne cependant pas que les relations externes. En effet, la communication interne, avec l’ensemble du personnel de la commune, est tout aussi importante. Les avis et prises de position du personnel communal sur la fusion sont des facteurs à prendre en considération. Parce qu’ils sont le relais et le support des autorités politiques d’une collectivité auprès de la population, mais également parce qu’ils seront directement affectés par la fusion, ces femmes et ces hommes devront avoir l’assurance du maintien de leur emploi dans la nouvelle commune et être correctement informés de l’avancée du processus. Leur soutien et leur pleine collaboration sont indispensables au bon déroulement du projet. »
Le dernier facteur, mais pas le moindre peut-être, réside ensuite dans l’utilisation du réseau tissé naturellement au sein de la population par les employés communaux, premiers liens de proximité entre les autorités et les citoyen(ne)s. Leur potentiel de conviction et leur engagement sont systématiquement sollicités pour renforcer le projet par l’attrait de la nouveauté et la promesse de meilleures conditions de travail, notamment pour ceux qui sauront se profiler.
Enfin, pour rendre le processus de fusion sympathique et convivial – pour ne pas dire « fun » – des verrées, des randonnées « pro-fusion », etc. complètent l’arsenal marketing qui tient lieu d’information de la population.