
« La communication est un aspect transversal au processus de fusion, indispensable à la réussite du projet. Porté par les autorités communales, le projet de fusion devra être approuvé par les citoyen(ne)s des communes concernées. Quels que soient les avis défendus par l’exécutif ou le législatif et quel que soit le nombre de communes prenant part au processus de fusion, si la majorité des votants d’une seule des communes n’est pas favorable à la fusion, c’est l’ensemble du projet qui échoue. Or, les raisons qui définissent les choix de vote se basent rarement sur des aspects de gestion administrative, sur un éventuel déficit démocratique au sein des collaborations intercommunales ou encore sur la représentativité de la commune lors de négociations. La population sera davantage attachée au projet sociétal proposé (vision), à des notions identitaires et d’appartenance, à la proximité des services communaux ou encore à des aspects d’ordre financier, comme le coefficient fiscal proposé pour la nouvelle commune. Les groupes de travail, relayés par les chargés de communication, devront s’assurer de traiter ces aspects et de les communiquer de manière adéquate et en temps voulu. Parce qu’une fusion touche des sensibilités différentes au sein de la population, la communication doit débuter avec le processus de fusion, afin que la population puisse entièrement se l’approprier. »
Ainsi, on retrouve dans le Guide pour les fusions de communes du Canton de Vaud quelques recommandations que ceux qui ont déjà vécu une fusion sauront reconnaître :
Pour informer sur le déroulement du projet:
· Lettre tous ménages précisant les motivations et les grandes étapes
· Journal mensuel faisant état de l’avancement du projet
· Planning affiché au pilier public
· Communication des municipalités lors des assemblées des conseils généraux et communaux
· Etc.
Pour fédérer les populations:
· Concours (choix du nom, choix des armoiries, idées de projets communs,….)
· Jeux de rôle, simulation (imaginer si nous habitions ensemble ?)
· Recherche bibliographique ou publication de textes sur l’histoire, la géographie, la vie quotidienne de la région
· Liste des activités culturelles et sociales déjà en commun (fanfare, gym, théâtre,…)
· Fêtes communes, soirées apréritif-débat
Par contre, la plupart des responsables de projets de fusions semblent curieusement oublieux des recommandations suivantes qui feraient de la place pour un début de dialogue sans doute plus nuancé. Est-ce parce qu’elles contrecarrent les premières ?
Pour permettre le dialogue :
· Conférences- discussions
· Débats contradictoires
· Tribune libre dans le journal régional
· Etc.
Pour faire participer à la réflexion :
· Ouvrir la participation aux groupes de travail à des citoyen(ne)s non élus mais intéressés par les problématiques
· Publier les débats et propositions de chaque groupe de travail
· Etc.
Contrairement à ce qui pourrait être fait dans un véritable processus démocratique, plutôt que de construire un projet avec la population suite à une étude participative et réfléchie, la quasi-totalité des projets ne sont qu’un vaste étalage de promesses destinées à faire accepter la fusion lors d’un vote généralement unique qui décidera du « go » ou « no go ».
Ainsi les exemples ne manquent pas où la campagne ressemble plus à une vaste rétention d’information, où le détail des éléments qui permettent à la population de se déterminer de manière objective doit être sous-tiré de ce qu’on appelle communément le « comité de pilotage » et qui n’est généralement qu’un avatar des autorités en place.
La partie la plus communément diffusée de l’information se limite souvent à un échéancier des étapes restantes – sans mentionner qui sera consulté, ni comment – jusqu’au vote de la Convention de fusion dont l’adoption est déjà célébrée avant d’être réellement expliquée.