Basse-Areuse : perplexité chez les partisans, satisfaction sans triomphalisme chez les opposants

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Publié le 26 novembre 2023 sur le site rtn.ch

 

Dans les deux camps, on s’étonnait du refus de Milvignes de fusionner avec Cortaillod et Boudry. Leurs réactions

Les communes de Boudry, Milvignes et Cortaillod ne s'uniront pas. Les communes de Boudry, Milvignes et Cortaillod ne s’uniront pas.

La fusion Basse-Areuse fait plouf. Étonnement chez les partisans, ouf de soulagement chez les opposants. Cortaillod, Milvignes et Boudry ne s’uniront pour former la 3e plus grande commune du canton de Neuchâtel. C’est Milvignes qui a fait capoter ce projet de fusion avec 55,4% de non. À l’inverse, Boudry l’a approuvé à 65,5% et Cortaillod aussi, avec 62,1% de oui.

Le « non » est arrivé de là où on ne l’attendait pas forcément

Le président du Comité de pilotage de la fusion Basse-Areuse et conseiller communal à Milvignes, Philippe Dupasquier était « déçu et surpris. Il n’y avait pas de mouvement d’opposants qui étaient regroupés en association à Milvignes et on n’a pas pu entendre ce que la population pensait de ce projet. Les raisons sont très difficiles à imaginer aujourd’hui, c’est trop tôt (…) Mais on peut probablement tirer comme conclusion que les citoyens de Milvignes sont satisfaits de la forme actuelle de la commune ».

Philippe Dupasquier, président du COPIL

Le refus de Milvignes en a surpris plus d’un, mais pas tant le président de l’association « Oui à Basse-Areuse », Alex Ferreira. Le conseiller général suppléant à Cortaillod était bien évidemment déçu, mais prend acte de la décision. « On n’a peut-être pas assez parlé aux habitants de Milvignes. On aurait dû peut-être davantage axer la campagne sur eux. Je sentais quand même que Milvignes présentait une inconnue plus forte que Boudry et Cortaillod. Milvignes a déjà fusionné, c’est une commune qui a moins de difficultés que les deux autres. On n’a peut-être pas su rendre le projet assez sexy »

Alex Ferreira, président de l’association « Oui à Basse-Areuse »

Alex Ferreira relève toutefois que « les Carcoies et les Boudrysans veulent une fusion, c’est une réalité. Peut-être qu’on reviendra avec un nouveau projet, mais pas tout de suite ».

« Peut-être que la fusion de Milvignes n’a pas encore été digérée »

Dans le camp des opposants, des sourires, oui, mais timides. Stéphane Keller, membre du comité boudrysan « Non à Basse-Areuse » était heureux de l’issue du vote, mais regrettait le large oui à Boudry. Pas de triomphalisme donc. Le refus de Milvignes a également étonné. « Oui très surpris », affirme Stéphane Keller. Comment l’expliquer ? « D’après moi, leur fusion n’est pas encore digérée, elle est peut-être arrivée trop vite ». Et quid du vote des Boudrysans qui ont dit clairement qu’ils veulent fusionner ? Faut-il repartir à deux ? « Oui pourquoi pas, mais pas maintenant. Faut voir dans quelques années. Commençons déjà à travailler davantage ensemble ».

Stéphane Keller, membre du comité boudrysan « Non à Basse-Areuse »

Une fusion qui laissera des traces

Pour expliquer l’excellent résultat du « oui » à Boudry, Stéphane Keller relève la proposition du coefficient fiscal à 63 (il est actuellement de 71). Et selon lui, il y a eu un vote de défiance des Boudrysans vis-à-vis du Conseil communal actuellement en place.

Le comité boudrysan « Non à Basse-Areuse » était composé de PLR. Des libéraux-radicaux qui étaient divisés sur ce projet de fusion. « Une fracture qui prendra du temps à se résorber. Mais il faudra peut-être aussi faire du ménage, car il y a deux-trois personnes qui ne méritent pas d’être au PLR », lance Stéphane Keller.

L’ambiance pour les élections communales du printemps prochain s’annonce déjà tendue à Boudry.