Ils avaient prévenu qu’il leur faudrait « convaincre les habitants. » Visiblement, les maires de Coignières et Maurepas ont encore du pain sur la planche pour persuader la population du bien fondé de leur projet de fusion entre les deux communes. Et surtout dans la première puisqu’à Coignières ce mardi, les opposants se mobiliseront devant la mairie à partir de 19 h 30. Dans un premier temps, ce rassemblement était prévu juste avant la tenue du conseil municipal dont l’unique point à l’ordre du jour était la « convention d’un groupement de commandes pour les missions d’études d’impact et d’accompagnement », prélable à la création de cette nouvelle ville. Or, ledit conseil a été annulé en dernière minute en raison de récents soucis de santé du maire (SE), Jean-Pierre Sevestre.

Ce contretemps ne démobilise pas les opposants. Au premier chef, le groupe des dix élus d’opposition à Coignières, « Coignières pour tous ». Ce dernier fait circuler une pétition réclamant un référendum sur le sujet auprès des 4 500 habitants. « Et nous avons déjà reçu 1 450 signatures, indique Didier Fischer (PS). Clairement, ce projet ne nous convient pas, pas plus qu’aux habitants apparemment. » Le conseiller municipal estime ainsi que la commune ne peut « devenir un simple quartier de Maurepas » et qu’il n’y a « pas d’arguments pour aller dans cette direction. »

Le 9 avril dernier, Jean-Pierre Sevestre (SE), accompagné de son homologue (LR) de Maurepas, Grégory Garestier, assurait que ce « projet ambitieux est nécessaire pour l’intérêt général » afin de faire face aux « baisses de dotations de l’Etat. » « Nous avons appris à travailler ensemble, tout cela nous apparaît très cohérent », poursuivait l’édile qui doit acter ce mardi cette première étape conduisant vers la concertation avec des habitants et à entériner la fusion au 1er janvier prochain. Un programme qui n’est visiblement pas du goût de tout le monde au sein de la municipalité.

« On y va dans la précipitation, déplore Didier Fischer, tout cela pour toucher une prime de 5 % d’augmentation des dotations sur 3 ans promise par l’Etat en cas de fusion. Nous n’en n’avons pas besoin, les finances sont saines, on a un excédent budgétaire d’1,8 M€ tous les ans, et c’est ce sur quoi lorgne Maurepas évidemment. A l’arrivée, les impôts et les tarifs des services publics vont forcément augmenter pour les habitants de Coignières. Rien ne justifie tout cela. » Les opposants espèrent non seulement un ralliement de la population, mais aussi celui de quelques élus de la majorité. « Je pense que si la majorité de Coignières était solide, le conseil aurait bien eu lieu, même en l’absence du maire. Plusieurs élus majoritaires n’en veulent pas. Or, si une délibération allant dans le sens de la fusion est rejetée, cela mettrait automatiquement fin au projet », analyse Didier Fischer.

Le Parisien, 01 mai 2018