«La méthode Coué semble toujours rester l’unique argument pour démontrer les avantages des fusions de communes, surtout lorsqu’il s’agit des conséquences, par exemple, sur le porte-monnaie du citoyen contribuable. Les comptes 2017 de Belmont-Broye, vaisseau amiral des fusions de communes fribourgeoises, qualifiés d’excellents, en apportent une nouvelle preuve (La Liberté du 25 avril).

Une lecture attentive de votre compte-rendu révèle que le bénéfice de 1,9 mio de francs est dû entre autres à l’aide cantonale à la fusion de 1,03 mio et d’un montant exceptionnel d’impôts sur les mutations de 0,49 mio qui n’est que le reflet de la frénésie immobilière qui s’est emparée de nos villages l’an passé (plus de 20 immeubles locatifs en construction à Domdidier).

A côté de ces mannes, qui ne se renouvelleront pas chaque année, si l’on prend en compte, dans le même temps, l’augmentation de 0,7 mio de la dette communale à 15,2 mio – pourtant diminuée d’un amortissement extraordinaire de 1,44 mio – nous nous retrouv(er)ons en réalité dans les chiffres rouges, maintenant que nous avons déjà mangé notre pain blanc. Et, comme dans toute fusion de communes, le retour en arrière n’est pas prévu, sauf pour le taux d’impôt, judicieusement abaissé à 72% lors de la fusion, mais promis à un bel avenir.

On connaît la chanson: «Tout va très bien, Madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien. Pourtant, il faut que l’on vous dise, on déplore un tout petit rien: un incident, une bêtise…»

Bernhard Hugo, Domdidier

La Liberté, 04.05.2018